Catégorie: La Somme

Wilfried Percy Nevill

par Anne Email


Photo Imperial War Museum

Outre son courage, le capitaine Nevill s'est rendu célèbre pour être à l'origine du légendaire "match de football" qui eut lieu lors de l'offensive britannique du 1er juillet 1916.

L'objectif du 8th Battalion East Surrey Regiment, régiment auprès duquel ce jeune officier avait été détaché (1), était la prise du village de Montauban-de-Picardie.

Wilfried Nevill et certains de ses camarades officiers étaient attachés au moral de leurs hommes, à leurs angoisses, à leurs peurs. Ils se demandaient comment ils allaient se comporter au moment où serait donner l'ordre de sortir des tranchées pour se retrouver dans la plaine et marcher sur l'ennemi.

Durant une permission qui lui fut accordée en mai 1916, et pour rassurer d'une certaine manière ses soldats avec un symbole qui leur serait familier, il ramena de Grande-Bretagne des ballons de football. Et lors de l'attaque du 1er juillet, Nevill promit à ses hommes que la première section qui parviendrait à marquer un but dans la tranchée ennemie se verrait récompensée(le prix était d'une livre dit-on).

A 7h27 exactement le jeune capitaine, ainsi qu'un de ses compagnons officiers, donna le coup d'envoi dans le No Man's Land. Les hommes bondirent hors des tranchées et se lancèrent à la poursuite des ballons ! Lorsqu'un compagnon tombait, un autre prenait la relève et poussait le ballon en avant.

Mais à l'approche des lignes allemandes, qui, malgré un bombardement incessant de 5 jours n'avaient pas été brisées, les soldats marquèrent un moment d'hésitation. Le capitaine Nevill a reformé ses hommes et les a menés vers l'avant. C'est à cet instant qu'il aurait été tué.

A 7h50 les hommes prirent pied dans les premières lignes allemandes.

Le village de Montauban fut, avec Mametz, le seul village libéré ce jour-là alors qu'ailleurs sur le front Britannique l'échec est quasi total.(2)

Certains diront que l'action du capitaine Nevill ne doit pas cacher les erreurs qui furent commises par l'Etat-major et les pertes énormes de ce premier jour d'offensive. Et en effet ce 1er juillet 1916 fut le jour le plus meurtrier de la première guerre mondiale ainsi que de l'histoire de l'armée britannique.

Mais le geste du capitaine Nevill a non seulement aidé ses hommes mais il a peut-être aussi sauvé la vie d'un certain nombre d'entre-eux. Car il faut savoir, par crainte de voir qu'en courant, les hommes se dispersent, l'état-major britannique avaient ordonné que l'on mène l'attaque en rangs serrés. Ainsi le fait que les hommes du capitaine Nevill n'aient pas suivi cette règle a peut-être sauvé la vie d'un bon nombre d'entre-eux.

Ce dernier point étant, bien sûr, une appréciation personnelle.


La tombe du capitaine dans cimetière britannique de Carnoy

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(1) Il appartenait au 1st Battalion East Yorkshire Regiment
(2) Ces libérations furent aussi possible grâce à l'aide de la 6ème Armée Française qui attaquait au Sud du front

Résurgences

par Anne Email

Aperçu ce jeudi 12 juillet dernier alors que j'arpentais les chemins de la région de Fricourt (Somme) vers le Bois d'Engremont surnommé "Bois Français"

Plus de 90 ans après, ce terrain garde encore la trace des combats et on peut toujours y voir les vestiges des anciennes tranchées (voir dans les photos de la catégorie) mais d’autres vestiges, beaucoup plus dangereux refont souvent surface tel cet obus...


Pour qui ne serait pas familier des lieux de batailles, dans la Somme, l’Yser, la Marne,Verdun ou la Champagne,il faut rappeler la terre de ces lieux garde toujours en son sein des milliers d’engins qui sont aussi dangereux aujourd’hui qu’hier et même parfois plus !

Il paraît inutile de dire qu’il est fortement déconseillé, voire même défendu, d’y effectuer des fouilles et pourtant des «collectionneurs» et «chercheurs de souvenirs» se sont déjà retrouvés, se retrouvent encore aujourd'hui dans la rubrique des faits-divers !

Et ne sous-estimez pas le danger des plus petits engins. Un exemple: des cartouches de 13 mm pour mitrailleuses allemandes. Elles ne tiraient pas des balles mais de petits obus explosifs ou perforant incendiaires. Très dangereux aujourd'hui !

Le tourisme dit « de guerre » est en recrudensce surtout en ces années qui marquent le 90eme anniversaire de nombreuses batailles tant en France et qu'en Belgique, alors il est tout de même utile de rappeler, en cas de découverte, la conduite élémentaire à tenir : (*)

NE JAMAIS TOUCHER A CES ENGINS et PREVENIR AU PLUS VITE LES AUTORITES COMPETENTES ! (Mairie, commune, police, gendarmerie)

En cas de doute ne craignez jamais de faire appel aux démineurs !

LE RIDICULE NE TUE PLUS, LES MUNITIONS SI !!!

La demande d'intervention des démineurs est un acte de civisme.


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(*) Conseils et renseignements extraits d'un document paru dans "Deminest" (trimestriel lorrain des démineurs de l'Est rédacteurs Henry et Michel BELOT)

Pour info : en ce qui concerne la présence de cet obus, les services compétents ont été prévenus !

Bois d'Engremont (Somme)

par Anne Email

Aux abords du "Bois d'Engremont" sur le territoire de la commune de Fricourt,
les vestiges des tranchées

Les 403e et 410e RI y ont combattu d'avril au début août 1915
avant qu'ils soient relevés par les troupes britanniques

Dans la partie du bois occupée à l'époque par les 403e et 410e RI,
un imposant vestige de la "guerre des mines" à laquelle se sont livrés les Français et les Allemands

Situation du Bois d'Engremont (carte IGN 2408 E) et localisation des photos

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