Archives pour: Novembre 2008

410e RI - Liste des pertes du 25 mai 1915

par Anne Email

Le 25 mai 1915, face à Fricourt (Somme) dans le Centre de Résistance 71-110 que le 410e RI occupe conjointement avec le 403e, une mine explose dans le secteur de la tranchée dite "des Entonnoirs".

Le déplacement de terre comble les boyaux Kervel et Gicquel occupés par les homme du 410e. 10 soldats sont ensevelis. Ils ne survivront pas malgré les efforts de leurs camarades renforcés par les sapeurs du génie qui, sous le feu de l'ennemi, tenteront de les dégager.

CLEMENT Georges, Ernest – Soldat – né le 08/12/1895 à La Meauffe (50)
DELOEUVRE Achille, Alfred – Soldat – né le 18/07/1895 à Ste Marie-des-Monts (50)
GROULT Pierre, Louis, Joseph – Soldat – né le 06/03/1895 à Ste Marie-des-Monts
LANDAIS Alphonse, François, Marie – Soldat – né le 09/10/1894 à Vigneux (44)
LE BRENNRené – Soldat – né le 20/06/1895 à Ergué-Armel (29)
LECOMTE Louis, René, Auguste – Soldat - né le 12/06/1895 à Saint-Nazaire (44)
LELOU Jean, Marie – Soldat – né le 19/10/1895 à Sucé-sur-Erdre (44)
LOUVEAU Maurice – Aspirant – né le 12/03/1892 à Rennes (35)
MITZEL Albert, Louis – Soldat – né le 28/11/1896 à Paris (75)
POSTIC Marc, François, Marie – Caporal à la 4e Cie – né le 03/08/1894 à Melrand (56)

A petit feu...

par Anne Email

A l'instar d'autres secteurs du front, à l'ombre des grands récits de 14-18, dans la Somme le centre de résistance 71-110 occupé en 1915 par les 403e et 410e ne suscitera jamais d'intérêt particulier.

Ici on ne meurt pas dans de grandes offensives meurtrières, on meurt à petit feu; enseveli par l'explosion d'une mine, transpercé par les débris d'obus, frappé par la balle d'un tireur embusqué, tué au cours d'un patrouille ou encore, pour certains, emporté par une de ces sales maladies qui rodent dans les tranchées. Sans compter les blessés qui, à l'hôpital temporaire de Etinehem décèdent après plusieurs jours de souffrances.

Avant l'arrivée des Britanniques, la seule grande « offensive » qui fera date dans ce secteur est le « coup de main » du 19 juillet 1915. Un coup de main qui verra 115 hommes mis hors de combat parmi lesquels on relèvera 59 blessés, 38 tués et 18 disparus.

Mais le secteur est réputé calme et ici les soldats meurent, hormis la considération de leurs compagnons, dans l'indifférence.

Le 25 mai à 18h30 les Allemands font exploser une mine en avant du secteur dit « des entonnoirs ». Selon le JMO de la division, cette mine bouleverse la tranchée sur 20 à 25 mètres et comble les boyaux Kervel et Gicquel ensevelissant 10 hommes.

Les hommes du 403e y échappent de peu car les malheureux qui sont ensevelis appartiennent au 410e qu'ils allaient relever à cet endroit quelques heures plus tard.

Leur compagnons s'emploient à les dégager sous le feu de barrage de l'ennemi. Les sapeurs viennent à la rescousse pour aider les hommes dans leur tâche de déblaiement. Cinq cadavres seront retirés le 26, deux autres le lendemain et un dernier sera encore retrouvé le 27.

Pas de répit pour les hommes, les Allemands ne lâchent pas prise. Le 27 mai le génie perçoit de nouveaux bruits dont tout indique qu'il s'agit de l'exécution d'un nouveau fourreau de mine et ce toujours dans le voisinage du Bois français où a eu lieu l'explosion du 25.

Toujours selon le JMO de la division, par une sage mesure de précaution, le commandement décidera l'évacuation provisoire de cette zone dangereuse ne laissant sur place que quelques guetteurs et les mitrailleuses seront mises en position. Cependant aucune explosion de mine n'aura lieu là, du moins dans les jours qui suivront.

Pour cette fois les hommes du 403e l'auront échappé belle et le 410e (1) perdra en tout dix hommes dans ce secteur où l'on meure toujours...à petit feu.

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(1) Lien vers la liste des hommes du 410 tués ce jour-là

Petits faits de guerre...lourdes conséquences pour les soldats.

par Anne Email

Après un semblant d'accalmie, depuis le 21 mai les travaux de mines ont reprit.

Le 21, dans le secteur de la 2e compagnie les hommes postés à l'écoute G2, entendent des murmures et des coups de pioches. Dans le JMO de la Brigade, on ne relate pas d'explosion mais au soir de ce jour-là le 410e, qui a relevé le 403e aux tranchées, aura perdu 1 sous-officier et 2 soldats. Deux autres sous-officiers sont blessés ainsi que 2 soldats.

Le 22 mai le génie français fait exploser une mine qui crée un nouvel entonnoir dans lesquel se précipitent les soldats afin de l'occuper. Le 410e perd trois nouveaux soldats et on dénombre 7 blessés.

Le 23 mai le canon de 58 tire sur les tranchées ennemies afin de faire cesser les travaux. Celui-ci riposte par un bombardement sans faire, apparemment, trop de dégâts. Au soir, du côté de Carny, on constate une important canonnade et fusillade. Et le 410e perd encore 3 soldats, deux morts et un blessé.

Le 24 mai dans l'après-midi, c'est une mine allemande qui explose à 35 m de la tranchée Garibaldi, puis, en fin d'après-midi, se sont des obus qui viennent se fracasser dans la région occupée par les cuisines.

On note un détail anecdotique (relevé avec grande précision dans le JMO de la 301e Brigade), en début de soirée les allemands chantent dans leurs tranchées. Est-ce pour impressionner les Français ou pour marquer un événement ?

Autre détail qui a sans doute fait naître un immense espoir dans le coeur des soldats qui se battent depuis maintenant presque un an:

A 18h la nouvelle a fait le tour des tranchées, l'Italie est entrée en guerre aux côtés des alliés. Et du fond de toutes les tranchées des hourras s'élèvent en son honneur. Hourras auxquels les Allemands répondent par une vive fusillade !

Au soir un autre fusillade éclatera du côté de Maricourt. Entretemps un bombardement aura eut lieu sur le PC de commandement du colonel et les cuisines.

Toujours dans les rangs du 410e, un officier et 11 soldats seront tués ce jour-là. Pertes auxquelles il faut ajouter 1 officier blessés ainsi que 14 soldats.

Petits faits de guerre, qui en 4 jours auront fait 20 tués et 27 blessés (dont certains mourront dans les jours qui suivent); consignés dans l'anonymat des JMO.

Et à l'arrière il y a de nouvelles veuves, de nouveaux orphelins...

Deux gars du 403e inhumés en Belgique

par Anne Email

Le 403e ne s'est jamais battu sur le sol de Belgique et pourtant deux soldats du régiment sont inhumés chez nous. Ces deux hommes sont malheureusement décédés des quelques jours après l'armistice.

Marcel, Antonin GUILLAUME - né le 24 octobre 1882 à Rouen (Seine-Maritime)- est inhumé dans la nécropole "Belle Motte" à Aiseau-Presles (Province de Hainaut). Il était prisonnier de guerre et est décédé, dans des circonstances inconnues, le 20 novembre 1918 au numéro 22 de la rue Janson à Andenne (Province de Namur)

Chaque année, à la date la plus proche du 22 août le Comité du Souvenir rend hommage aux soldats français qui reposent à Aiseau-Presles et à cette occasion jeunes comme moins jeunes sont invités à parrainer la tombe d'un soldat.(*)

Marcel Guillaume n'est pas oublié.

Jean, Léon, Auguste ROQUES - né le 1er mai 1896 à Balzac (Aveyron)- est mort le 13 novembre 1918 à Coutheux près de Liège des suites de ses blessures de guerre. Il est inhumé dans la nécropole de Chastres (Brabant Wallon)

(photo à venir)

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(*) Quelques photos de la cérémonie ICI