Archives pour: Février 2009

La dépouille du capitaine Page est retrouvée

par Anne Email

Au matin du 25 juillet, les Allemands font sauter une nouvelle mine vers la lèvre Nord de l'entonnoir dit « du 20 juin ». Leur artillerie effectue un tir de barrage auquel répond l'artillerie française et nouvelle riposte allemande. Au soir les Allemands feront encore exploser un camouflet devant le D français.

Selon le JMO c'est au bouleversement des terres, provoqué par de la mine du matin, qu'on doit d'avoir pu récupérer le corps du capitaine Page. En effet sous l'effet de ce bouleversement son corps fut ramené près des lignes françaises.

Dans la soirée le brancardier Strauss du 2e bataillon et quelques volontaires se glissent dans le no man's land pour le récupérer. Mais cette nouvelle action de courage coûtera la vie à l'un des soldats et deux autres seront blessés.

Le capitaine sera inhumé le lendemain dans le petit cimetière du centre de résistance 71-110 (*) en présence d'une délégation d'officiers, sous-officiers et de soldats du régiment.

Le capitaine Page repose à présent dans la nécropole de Bray-sur-Somme.




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(*)Il s'agit du « New Point 110 cemetery » où seules reposent aujourd'hui les dépouilles des soldats britanniques. Ce cimetière a été érigé par le 403e en mai 1915. Les dépouilles des Français ont transférées vers 1920 dans d'autres nécropoles et principalement à Bray-sur-Somme.

Où l'on tente de ramener les corps des frères d'armes...

par Anne Email

Les hommes du 403e sont attachés à ramener les corps de leur compagnons tués le 19 juillet mais ce n'est que le 23 juillet qu'une tentative pourra avoir lieu.

Un brancardier, un adjudant et deux soldats se portent volontaires. Ils réussissent à ramener les dépouilles de 2 de leurs compagnons mais le sous-officier y laissera la vie.

19 juillet 1915 – "Coup de main" sur le Bois allemand

par Anne Email

Durant le séjour du 403e dans la Somme, ce 19 juillet fut pour le régiment son jour le plus noir.

Le haut commandement avait prit la décision d'expérimenter sur les positions allemandes des obus d'un nouveau type. Les obus qui allaient être tirés ce jour-là étaient des projectiles de 75 incendiaires et asphyxiants à employer « contre les villages et les organisations complexes qui enrayent la dispersion des fumées. » (*). Et sur le front occupé par la 151e Division, c'est le secteur du "Bois allemand" qui s'est avéré le plus propice pour ce genre d'expérimentation.

Par la même occasion on en profiterait pour « détruire les organisation allemandes »

C'est au 2e bataillon, sous les ordres du commandant Frey, qu'échoua la mission d'attaquer ensuite le bois et de traverser les tranchées allemandes « jusqu'au rebord Sud d'une carrière située à l'intérieur du bois et fortement organisée par l'ennemi ». Avec l'aide du génie divisionnaire les hommes ont aussi pour mission de détruire l'entrée de plusieurs galeries allemandes et enfin de faire de prisonniers « afin de se rendre compte des effets des nouveaux obus »

A 9h du matin l'artillerie lourde entre en jeu et ouvre le feu sur les positions du bois allemand tandis que les hommes du 2e bataillon prennent places dans les abris des zones D et E. Celles-ci ont été en partie évacuée par le 3e bataillon du 410e qui s'y trouvait.

Entre 10h et 15h ce sont les canons de 75 et 58 qui entrent dans la danse tandis que l'artillerie lourde poursuit toujours son bombardement. Mais l'artillerie allemande riposte violemment sur les zones E, D, R2 et la carrière. Les parapets sont fortement endommagés et les boyaux d'accès en partie comblés.

Les obus « spéciaux » sont tirés à partir de 15h et ce jusqu'à 17h. Les observateurs constatent que des nuages de fumée « dense et blanche » s'élèvent sur toute la zone bombardée « qu'un léger vent venant de la direction du S.O. Pousse vers le ravin situé entre Fricourt et Mametz. » Dans leur compte rendu ils ajoutent « qu'en éclatant les obus dégage une flamme plus haute et importante que celle produite par les obus ordinaires ».

A 17h-17h30 on procède, à l'aide d'obus explosifs à un tir dit « de ventilation ». Entre 17h30 et 18h un violent bombardement d'artillerie a lieu de part et d'autre des lignes. A 18h l'artillerie française allonge le tir et l'attaque d'infanterie est lancée.

Les 6e Cie, commandée par le capitaine Page, et 7e Cie, commandée par le capitaine Chausson, franchissent le parapet mais sont prises sous le feu des mitrailleuses. Malgré tout quelques hommes atteignent la 2e ligne allemande mais il s'avère impossible de pénétrer dans la carrière. Ils se trouvent en présence de troupes prêtes à la contre-attaque

Selon le JMO de la 151e Division, devant la vigueur de la défense ennemie, le commandant Frey fait arrêter l'attaque aussitôt qu'il est informé de la prise de cinq prisonniers.

Le rapport du JMO de la 301e Brigade quant à lui diffère un peu. Selon ce rapport, à 18h35 le commandant Frey jugeant sa mission accomplie par la prise de cinq prisonniers, donne le signal de repli suivant en cela les ordres du commandement supérieur qui stipulaient de ne pas conserver le terrain conquis. Toujours selon ce rapport le mouvement s'exécute en bon ordre sous le feu nourri des Allemands et les tirs violents de leur artillerie.

Toujours selon le JMO de la 151e DI, les prisonniers en question ont été faits dans les tranchées de première ligne allemandes. Et il s'avère qu'ils n'ont pas du tout souffert ni du bombardement, ni des tirs d'obus spéciaux ! « Ils ont seulement constaté la production d'un nuage de fumée très épais qui les a plongé dans une presque totale obscurité »

Force est de constater que ces obus n'ont donc produit aucun effet !!! D'ailleurs, après l'attaque, les hommes rendront compte qu'ils n'ont trouvé sur le terrain aucun allemand asphyxié.

Pour le 403e ce "coup de main" aura mis hors combat 108 hommes parmi lesquels ont compte 31 tués, 59 blessés et 18 disparus. Selon un rapport du commandant de la 301e brigade, ces pertes seraient dues, en majorité aux bombardements. Mais plusieurs hommes, dont semble-t-il le capitaine Page, auraient été fauchés par les mitrailleuses ennemies qui n'avaient, malgré les bombardements, pas été mises hors combat.

Voici, par ordre alphabétique, la liste non exhaustive (**) des hommes tués et disparus lors de cette attaque :

Tués :

BELLAMY Jean, Louis - soldat – inhumé en la nécropole nationale de Bray-sur-Somme
DELANCIZE Eugène, Victor – caporal – lieu d'inhumation non connu
DELAS Auguste, Eugène – soldat - inhumé en la nécropole nationale de Bray-sur-Somme
DERAIS Jules, Léon – sergent – lieu d'inhumation non connu
DUHAMEL Jules, Raoul – soldat - inhumé en la nécropole nationale d'Albert
GALBADON Alexandre, Auguste – soldat lieu d'inhumation non connu
HELUIN André, Albert – 2e classe – tué - lieu d'inhumation non connu.
JULIA Paul, Ernest – soldat – lieu d'inhumation non connu.
JUSTIN Gaston, Alexandre – soldat – inhumé en la nécropole nationale de Bray sur Somme
LAURIER Georges, Fernand – caporal - inhumé en la nécropole nationale de Bray sur Somme
LECARDINAL Louis, Edmond – 2e classe – lieu d'inhumation non connu
LECLERC Fernand, Charles – 2e classe - inhumé en la nécropole nationale de Bray sur Somme
LEFEVRE Alexis, Louis – 2e classe – lieu d'inhumation non connu
LESENE Maurice, Victor – 2e classe – inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
LIETOT André, Louis – 2e classe (7e Cie) - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
LOUVEL Georges, Henri – 2e classe – lieu d'inhumation non connu
MARIE Gustave, Albert – 2e classe - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
MARIE François, Gustave – 2e classe - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
MOLEUR Antony – 2e classe - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
MOURIER Jules, Alexandre – 2e classe (7e Cie) - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
NICOLLE Jean, Félix – médecin auxiliaire – lieu d'inhumation non connu
PAGE Camille, Gustave – capitaine (6e Cie) - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
PEZANT Jules, Alexandre – 2e classe (6e Cie) - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
PIPREL Constant, Léon – 2e classe – il serait inhumé dans le carré militaire de Caen
PLOUIN Eugène, Constant – 2e classe - inhumé en la nécropole de Bray sur Somme
TABON André, Charles – sergent – lieu d'inhumation non connu

Disparus :

ANDRIN Eugène – caporal
AUTIN Henri - caporal - (6e Cie)
CREMER Marius, Charles – aspirant
CHION Ernest, Victor – 2e classe
COLIN Yves, Marie – 2e classe - présumé disparu
CORBIN Théodore, Pierre – sergent-major - (6e Cie) - présumé disparu
GARRETA Pierre, Saïd – sergent fourrier - (6e Cie)
LEJOUAILLE Gérard – caporal
RAMBURE Albert, Louis – 2e classe
ROBERT - sous-lieutenant
TASSEL Raoul, Louis – 2e classe

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(*) Les termes en italique sont tels que repris dans le JMO de la 301e Brigade
(**) Mes recherches sur l'identité des soldats morts et/ ou disparus sont toujours en cours.