Archives pour: Avril 2009

Le secteur 71-110 (Somme)

par Anne Email

Face au village de Fricourt, le secteur occupé par le 403e d'avril à début août 1915

Ci-dessus une partie du secteur 71-110 en arrière des tranchées de premières lignes françaises.

Le front du secteur allemand se trouvait approximativement à l'orée du bois. Le "No Man's Land" se situait dans le champ sur la droite du chemin. Les 403e et 410e occupaient aussi la partie du bois sur la droite de ce même chemin.

Les vestiges d'une tranchée de première ligne française qui est, peut-être, la tranchée dite "des entonnoirs". Dans le fond une dépression qui marque l'endroit d'un de ces entonnoirs de mine. (Voir cartes pg 5)

Dans la partie du bois qui était surnommée "Le bois français", les vestiges d'un autre entonnoir de mine.

Situer les lieux sur Google Maps

Il y a 92 ans....L'offensive du 16 avril 1917

par Anne Email

Ce 16 avril 1917 est marqué par l'attaque de la 5ème armée entre Reims et Hurtebise. Selon le JMO du 403e, la 151e division dont il fait partie a pour mission d'enlever les Cavaliers de Courcy et le saillant de la route de Neufchâtel. C'est au 410e qu'est confiée l'attaque des Cavaliers et au 403e celle du saillant.

Le déclenchement de l'attaque a lieu à 6h alors que l'artillerie française bombarde la 1ère ligne du Saillant. Les hommes du 403e conquièrent [..tout le saillant à l'Est de la route jusqu'à la tranchée Stendhal ] en faisant, sous l'effet de surprise, beaucoup de prisonniers. Les Allemands contre-attaquent aussitôt mais sont facilement repoussés. Le 403e organise la zone conquise. Sous les coups de l'artillerie allemande les tranchées du Saillant sont très vite bouleversées [..en quelques instants]. De violentes contre-attaques se succèdent durant toute la matinée. Les pertes [..deviennent sensibles et le capitaine Beaupuis demande du renfort].

La situation s'améliore avec le renfort d'un peloton de la 6e compagnie.

Toujours selon le JMO on note une légère accalmie en tout début d'après-midi. Très très légère dirons-nous puisqu'elle ne dure qu'une cinquantaines de minutes !

(Pour être tout à fait exact : de 13h à 13h50 !!)

Puis les contre-attaques reprennent de plus belle. Elles redoublent même de violence vers 17h40 et notamment dans le secteur de la 9e Cie.

En début de soirée le Saillant est prit sous un violent bombardement et subit nouvelle contre-attaque allemande durant laquelle l'ennemi use de liquides enflammés. La tranchée Stendhal est un moment perdue mais aussitôt reprise avec l'appui de la 5e compagnie.

A 23h, mis à part le point dit « 12.50 », l'objectif du régiment est atteint.

Durant cette journée ce ne sont pas moins de 17 contre-attaques allemandes auxquelles les hommes du 403e auront dû faire face et dont plusieurs auront été très violentes. Il faut saluer le courage et la détermination du détachement du capitaine Beaupuis qui s'est retrouvé isolé sur le Saillant et attaqué de tous côtés.

L'objectif du 410e n'a pu être atteint car malgré tous ses efforts ce régiment n'a pu conquérir les tranchées situées entre la voie ferrée et la route.

En tout 200 allemands furent capturés par les hommes des deux régiments. On ignore combien l'ont été du côté français.

Parmi les hommes du 403e tués ce jour-là saluons la mémoire de :

Jean BERJOAN – 27 ans - Caporal – né à Los Masos (Pyrénées Orientales)
Joachim CASSOU-DEBAT- 31 ans - Caporal - né à Baliros (Pyrénées Atlantiques)
Marcel COCAGNE – 34 ans - Caporal – né à Petiville (Seine Maritime)
Charles DANTHON – 27 ans - 2e Classe – né à Rouen (Seine Maritime)
Gabriel DE VRIENDT – 26 ans - Sergent – né à Paris 10e
Edmond DOUBLET – 22 ans - Soldat – né à Le Boisle (Somme)
Claude DUPUIS- 22 ans - Caporal-fourrier - né à Sanvic (Le Havre)? (Seine Maritime)
César GAUTIER – 30 ans – Soldat – né à Beaussault (Seine Maritime)
Eugène JUHEL- 22 ans –Soldat (9e Cie) - né à Hardencourt (Eure)
Jules LECLERE - 25 ans – Sergent – né à Pomacle (Marne)
Alexandre MAUGER – 31 ans - 2e Classe – né à Duclair (Seine Maritime)
Anthelme MIGIEU – 31 ans - 2e Classe – né à Massignieux-de-Rives (Ain)
Maurice NEVEUX - 22 ans -Caporal – né à Bois-Guillaume (Seine Maritime)
Georges PELERIN – 35 ans -Soldat – né à Rouen (Seine Maritime)
Jean-Claude PONCET – 35 ans - Soldat – né à Meys (Rhône)
Léon LARQUEMIN – 28 ans - 2e Classe - né à Teurthéville-Bocage (Manche)
Marcel TEKRE – 27 ans - Caporal – né à Nogent-sur-Marne (Seine)

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Les termes entre [..] sont extraits du JMO du 403e RI.

La relève

par Anne Email

La 301e brigade à laquelle appartient le 403e RI est relevée par l'armée britannique dans le secteur 71-110.

Voici, selon le J.M.O, les pertes subies par le régiment durant son séjour dans la Somme :

Depuis l'arrivée aux tranchées et jusqu'au 31 mai

Blessés : 2 Sous-officiers, 3 Caporaux et 59 Soldats
Tués : 2 Sous-officiers, 2 Caporaux et 27 Soldats
1 soldat disparu

Pour le mois de juin

Blessés : 1 Officier, 2 Sous-officiers, 11 Caporaux et 121 Soldats
Tués : 4 Sous-Officiers, 1 Caporal et 35 Soldats.
1 soldat disparu

Pour le mois de juillet

Blessés : 2 Officiers, 4 Sous-officiers, 6 Caporaux et 85 Soldats
Tués : 1 Officier, 4 Sous-officiers, 4 Caporaux et 31 Soldats
Disparus: 1 Officier, 6 Sous-officiers, 2 Caporaux et 20 Soldats

Dans la nuit du 4 au 5 août, l'état-major, le 1er bataillon ainsi que les compagnies de mitrailleuses vont cantonner à Sailly-Laurette ; tandis que les 2e et 3e bataillons sont à Sailly-le-Sec.

Dans la nuit 5 au 6 août les hommes du 403e changent de cantonnement pour se rendre dans la région d'Amiens. L'état-major, les compagnies hors-rang et de mitrailleuses ainsi que les 1e et 2e bataillons sont à La Motte Brébière. Le 3e bataillon quant à lui se retrouve à Glizy

Enfin dans la nuit du 6 au 7 août le 403e rejoint ses cantonnements de repos au Sud-Ouest d'Amiens. A Prouzel pour l'état-major, la compagnie hors-rang et le 2e bataillon; à Bacouel pour le 1er bataillon et à Fossanaut pour le 3e bataillon. La compagnie de mitrailleuses se retrouve elle à Neuville-lès-Loeuilly puis à la ferme de Bacouel.

Ce temps de repos n'en est pas vraiment un puisqu'il est mis à profit pour poursuivre l'instruction des hommes. Marches, manoeuvres, travaux de campagne rythment le quotidien des soldats.

Un soldat fusillé !

Un pénible événement interne au régiment viendra aussi perturber cette période de repos. Un soldat de la 2e compagnie est en effet condamné à mort par le conseil de guerre de la 151e division et exécuté le 14 août à Wailly où siège la division en présence du 1er bataillon du 403e. Les motifs de la condamnation sont les suivants : « voies de fait et outrages envers un supérieur ».

On peut s'interroger sur l'inhumanité d'une telle sentence !