Archives pour: Février 2010

Pertes secteur Bois de Nawé - Haudromont (Verdun)

par Anne Email

Parmi les hommes tués dans ce secteur :

ANDRIEU Albert, François - soldat - 32 ans - tué le 7 juin - né à Argenteuil (95)

AUBERT André, Anthime - 2e cl. - 30 ans - tué le 16 juin - né à Honfleur (76) - Inhumé dans la Nécropole Nationale "Douaumont" (tb 13609)

AVENEL Emile, Auguste - 2e cl. - 37 ans - tué le 4 juin devant Thiaumont - né à Turretot (76) - Inhumé dans la Nécropole Nationale "Bevaux" (carré 6 - rg 11 - tb 101)

CHERON Henri, Ulysse - sous-lieutenant - 29 ans - tué le 31 mai - né au Havre (76)

CREVET Louis, Eugène - soldat - 30 ans - tué le 31 mai devant Thiaumont- né à Lindebeuf (76) - Inhumé dans la Nécropole Nationale "Faubourg Pavé" (tb 4510)

BINET Joseph, Pierre, Alphonse - 1ère cl. - 39 ans - tué le 12 juin - né à Saint-Saëns (76) - Disparu

BREL Emile, René - soldat - 34 ans - tué le 2 juin - né à Rouen (76)

BLOT Marcel - soldat - 33 ans - tué le 12 juin - né à Bosc-Bordel (76) - Inhumé dans la Nécropole Nationale "Bevaux" (carré 3-rg 7 - tb 260)

DEHAIS (DEHAYS) - sous-lieutenant au 1er bataillon - 24 ans - tué le 12 juin- né à Veules-les-Roses (76)

DELARUE Ernest, Florent - 2e cl. - 21 ans - tué le 9 juin - né à Fontenay-Mauvoisin (78)

DETAIN Emile - 2e cl. - 23 ans - tué le 9 juin - né à Gruchet-St Siméon (76)

DOUILLET Emile, Augustin - soldat - 27 ans - tué le 8 juin - né à Monville (76)

DUBUC Eugène, Georges - 1ère cl. à la 4e Cie (1er bataillon) - 27 ans - tué le 9 juin - né au Havre (76) - Disparu

GIBERT François, Léopold - soldat - 22 ans - tué le 8 juin - né à Veys (50)

HELLOUIN Arnaud, Augustin - caporal à la 2e Cie(1er bataillon) - 26 ans - tué le 10 juin devant Thiaumont - né à Caudebec-les-Elbeuf (76)

JEANNE Gustave, Gabriel (dit "Fouque") - 2e cl. - 37 ans - tué le 13 juin - né à St Jouin-Bruneval (75) - Inhumé dans la Nécropole Nationale "Bras-sur-Meuse" (tb 2895)

LEFEBVRE Charles, Léon - 1ère cl. - 21 ans - tué le 31 mai - né à Rouen (76)

LEFEBVRE Eugène, Raoul - 2e cl. - 26 ans - tué le 8 juin - né à Lillebonne (76)

LEFRANCOIS Jean, Marcel - caporal - 23 ans - tué le 12 juin - né à Cany (76)

LEGRAND André, Charles, Alexandre - 2e cl. - 22 ans - tué le 12 juin - né à Hourges (55)

LHERNAULT Edouard, Aristide - 2e cl. - 36 ans - tué le 11 juin devant Thiaumont - né à La Feuillie (76)

LEROY Pierre, Joseph, Elphège - 2e cl. à la 2e Cie (1er bataillon) - tué le 8 juin - né à Normainville (76) - Disparu

LEVER Eugène, Albert - 2e cl. - tué le 12 juin - né à Bolbec (76)

MAIMBOURG Ernest, Henri - soldat - 36 ans - tué le 6 juin - né à Longchamp (76)

MALARD Pierre, André, Félix - caporal - 38 ans - tué le 30 mai - né à Sanvic (76) - Inhumé dans la Nécropole Nationale "Douaumont" (tb 11419)

QUERAT Pierre, François, Marie - 2e cl. à la 2e Cie (1er bataillon) - 24 ans - tué le 9 juin - né à Mauves-sur-Loire (44)

SANTAIS Gaston, Pascal - 2e cl. - 36 ans - tué le 12 juin - né à Autigny (?) (76)

Les opérations dans le secteur du Bois de Nawé

par Anne Email

Le rapport du JMO est très succint au sujet des opérations et combats livrés par le régiment dans ce secteur de Verdun où il ne restera que 17 jours.

Le 28 mai, après la pénible relève de la nuit précédente et à peine installé dans la tranchée des Caurettes, en soirée le 2e bataillon subit un violent bombardement suivi de fusillades, tirs de mitrailleuses et combat à la grenade.

29 mai

Des patrouilles inspectent le fond en avant du boyau Rémy et l'une d'elle, pénètrant dans la carrière d'Haudromont, constate que celle-ci est inoccupée par l'ennemi.  D'autres patrouilles explorent aussi la tranchée des Lisières sur une distance de 50 m.

30 mai

A 3h 30 du matin le 410e effectue un coup de main sur la partie de la tranchée des Lisières occupée par les Allemands.  Il est appuyé par un groupe de grenadiers et un groupe de protection placés sous le commandement des Sous-Lieutenants Dupré et Aubry.  La liaison avec le 410 est établie, dans cette tranchée, à 5h du matin.

Dans la journée qui suit, les hommes subiront des bombardements systématiques et continus qui ont pour conséquence de démolir les organisations et, surtout, il y aura d'importantes pertes humaines.

Les jours suivant seront ponctués de bombardements (dans le sous-secteur) et on note, le 2 juin, un combat à la grenade sur un poste d'écoute du 2e bataillon.

4 juin

Grosse émotion au sein de la 10e Cie qui surprend un groupe d'Allemands dans ses lignes. Mais les guetteurs veillent, ils abattent deux hommes et la compagnie fait 8 prisonniers parmi lesquels un officier et un feldwebel (sergent).

5 juin

Les bombardements continuent et on note des mouvements de troupes ennemies.

7 juin

Un observatoire est installé près du PC du 3e bataillon qui est, en permanence, occupé par un sous-officier. A 20h15 on signale une centaine d'ennemis dans le ravin de la Dame remontant la pente Est du Bois de Nawé.

8 juin

Nombreuses attaques françaises en dehors du secteur et sur la droite de ce dernier. De nombreux mouvements de troupes ennemies sont à nouveau signalés.

Extrait du JMO :

8 juin

1er bataillon - Attaque allemande précédée d'un violent bombardement sur les ouvrages de Thiaumont où l'ennemi prend pied. Le 1er bataillon reçoit l'ordre de contre-attaquer. Le 2e et 4e Cies chassent l'ennemi de ces ouvrages et s'installent dans la tranchée Wagner. Liaison avec le 347e à droite et le 293e à gauche. Quelques prisonniers.

Cette contre-attaque nous coute 17 tués et 41 blessés.

Le 1er bataillon passe sous les ordres du commandant Masseron commandant le 293e et reçoit l'ordre de gagner du terrain en avant de la tranchée Wagner. La 1er Cie va s'établir au Sud de l'abri 118 et construit une tranchée à 100 m au N.E. de la tranchée Wagner.

10 juin

2e et 3e bataillon - A 2h15 une troupe ennemie forte d'un cinquantaine d'hommes est signalée dans le ravin de la Couleuvre par un poste avancé. Cette troupe accueillie par un feu violent se disperse sans riposter. Une patrouille ramène dans nos lignes un Allemand grièvement blessé.

1er bataillon - La 1ère Cie construit une tranchée à 250 m au N.E. de la tranchée Wagner face à la ferme de Thiaumont.

Vers 15 heures, la 3e Cie (de réserve) se porte sur la Crête de Thiaumont - Ravin de la Dame - Corne S.E. du bois de Nawé. Reconnaissance sur la ferme de Thiaumont.

11 juin

2e et 3e bataillons - Reconnaissance par les officiers du 65e dans la nuit du 11 au 12

1er bataillon - Violent bombardement . La 3e Cie et un peloton de la 4e Cie reviennent en réserve. Une section de la 1ère Cie de mitrailleuse est portée sur la ligne de la 1ère Cie.

12 juin

1er bataillon - Violent bombardement vers 3h30 sur le secteur du 1er bataillon.  A 5h45 attaque ennemie en vagues serrées sur le 49e bataillon de Chasseurs, attaque moins dense sur le front du bataillon. Notre feu d'infanterie l'arrête.

L'artillerie françaises disperse des rassemblements ennemis dans le Ravin de la Dame. La 3e Cie renforce la 1ère ligne.

2e et 3e Cie - Capture d'un Allemand (minenwerfer)

13 juin

1er bataillon - Un bataillon du 39e R.I. contre-attaque devant le front du 1er bataillon du 403e et se cramponne au sol à 100 m en avant.

Relève du 1er bataillon par une compagnie du 137e et une section de mitrailleuses. Le 1er bataillon va cantonner à Mixéville.

2e et 3e bataillon - capture de trois Allemands. Le 65e R.I. ayant été désigné pour occuper d'autres emplacements que le sous-secteur Nord, le 9e et 11e Cies du 403e sont relevées dans la nuit du 13 au 14 par deux compagnies du 160e Bataillon de Chasseurs.

14 juin

Dans la nuit du 14 au 15, relève de tout le reste du régiment par le 120e Bataillon de Chasseurs. Les compagnies relevées vont cantonner à Mixéville.

Ce court séjour aura tout de même coûté la vie à 97 hommes. Il y aura 380 blessés et 42 disparus.

52 des hommes tués et 37 des disparus appartiennent au 1er bataillon qui compte aussi 159 blessés.

45 des hommes tués et 5 des disparus appartiennent aux 2e et 3e bataillons qui comptent aussi 221 blessés.

Secteur Bois de Nawé - Haudromont (Verdun)

par Anne Email

 

Le 27 mai, alors que le 1er bataillon et 1ère compagnie de mitrailleuses sont en réserve de la division au Bois des Vignes, les 2e, 3e bataillons ainsi que les 2e et 3e compagnie de mitrailleuses relèvent des éléments du 65e Chasseurs à Pied, 326e et 350e R.I. dans le secteur des carrières d'Haudromont et du Bois de Nawé.

Le rapport du JMO souligne une relève longue et pénible. Débutée en soirée elle se terminera à deux heures du matin. Le rapport précise encore que les hommes, précédés des patrouilles, se sont avancé en tirailleurs et qu'une fois dans leur secteur ils ont prit position dans des trous d'obus.

Durant cette difficile relève il y aura des pertes. Selon le JMO il y en eut peu mais il n'en cite ni le nombre, ni le régiment auquel les hommes appartenaient.

 


Carte extraite du JMO de la 301e Brigade (source : SGA - Mémoire des Hommes)
(Pour une meilleure lecture des détails cette carte est présentée en deux parties)


Extrait du JMO :

28 mai - Le 2e bataillon occupe la tranchée des Caurettes face au Nord, le 3e bataillon la tranchée Masson et le boyau Rémy face à l'Est. Le Colonel est au P.C. Teilhaud (ravin Sud de l'ouvrage C3) et a près de lui 2 cies (du 410) de la réserve de Brigade, une section de mitrailleuses du 3e bataillon et les pionniers.

L'organisation du secteur n'existait pas. Un seul boyau démoli conduisait du PC Teilhaud au 3e bataillon. Une piste menait au 2e bataillon.

La tranchée des Caurettes existait réellement sans défenses accessoires, en avant la tranchée Masson

(et le boyau Rémy) n'existait que de nom et n'était que trous d'obus juxtaposés où les hommes étaient immobilisés pendant que durait le jour, aucune défense accessoire en avant. Solution de continuité dans la ligne.

Aucune communication avec l'arrière et en particulier avec le P.C. du chef du 3e bataillon (tranchée des Lisières). La liaison est aussitôt établie avec les régiments de droite et de gauche.

Les Cies de première ligne poussent des postes d'écoute très en avant des tranchées et lancent des patrouilles en avant du boyau Rémy.


De la Marne à Verdun

par Anne Email

Le 403e restera dans les tranchées du sous-secteur Est (butte de Souain) jusqu'au 2 mai. Durant ce séjour il subira surtout des bombardements d'artillerie et, le 1er mars, une attaque allemandes qui, selon les termes du JMO, sera facilement repoussée. Les derniers à quitter le secteur seront les hommes des 3 compagnies de mitrailleuses qui ne feront mouvement vers les cantonnements de repos que le 5 mai.

19 hommes laisseront leur vie dans les tranchées de la butte de Souain et 74 seront blessés à des degrés divers.

Le régiment restera au repos à Fagnières du 6 au 21 mai.

Le 22 il embarquera en "auto-camion" pour rejoindre la Meuse et Rancourt-sur-Ornain.

Le 25 c'est à pied que les hommes gagneront ensuite le cantonnement de Condé-en-Barrois.

Puis, le 26, nouveau déplacement en auto-camion pour rallier le Moulin-Brûlé. Le régiment ira bivouaquer au Bois de la Ville avant de rejoindre, dans la soirée, la citadelle de Verdun.

(Voir ICI le trajet parcouru)

 

Un convoi d'auto-camion en Champagne


Ernest NIGAIZE - 6e Cie

par Anne Email


Ernest, Auguste NIGAIZE
Soldat de 2e classe à la 6e Cie
Né le 25 septembre 1895 à Brionne (Eure)
Tué le 15 mai 1915 face à Fricourt (Somme) au lieu dit "Petit Bois Français"

Un lien particulier nous lie avec ce tout jeune soldat qui faisait partie de l'escouade de notre aïeul lequel, en tant que caporal, était particulièrement attaché au sort de ses soldats.

Dans son carnet ce dernier relate les circonstances de son décès ainsi que d'un autre de ses compagnons, le jeune René Lefèvre (Lefebvre) âgé de 20 ans (né à Rouen le 30 novembre 1894). La veille les hommes de la 6e avaient relevé une compagnie du 1er bataillon au Bois Français, endroit réputé comme très dangereux.

15 mai Nous sommes dans des tranchées à moitié démolies par les mines et bombes de toutes sortes, qu'il va nous falloir reconsolider tout en surveillant qui est à 15 mètres, 5h35 du matin, 2 hommes de mon escouade -Lefèbre cl 14 et Nigaize cl 15 tombent tous deux mortellement frappés d'une balle en pleine tête, un autre mort également faisait partie de la 3ème section.

L'enterrement des deux hommes a eu lieu le lendemain au petit matin dans le nouveau cimetière de la Côte 110. Notre aïeul précise que leurs compagnons d'escouade leur avait trouvé à chacun un cercueil. Détail sans doute mais il faut savoir que pour ces soldats, trouver un cercueil à leurs compagnons étaient une chose qui leur tenait à coeur.

(A l'heure actuelle j'ignore toujours où a été (ré)inhumé René Lefèvre).



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A noter que les soldats du 403e tués dans le secteur du Centre de Fésistance 71/110 ont tout d'abord été inhumés dans le cimetière aujourd'hui devenu cimetière britannique connu sous le nom de "New Point 110 Cemetery".  C'est vers 1920 que leurs dépouilles ont été transférées dans les nécropoles d'Albert et de Bray-sur-Somme.

Aspirant Maurice Louveau du 410e RI

par Anne Email


Maurice LOUVEAU
Aspirant au 410e RI
Né à Rennes le 12 mars 1892
Tué au combat le 25 mai 1915
dans le Centre de résistance 71/110 face à Fricourt (Somme)

L'aspirant Louveau avait été blessé à la tête dans le bombardement du poste de commandement du 24 mai. Malgré tout il a tenu a resté à son poste et a été enseveli avec 9 de ses hommes dans l'explosion de la mine du 25 mai.

Citation :

Bien que blessé à la tête et contusionné par l'explosion du 24 mai 1915, a conservé son commandement et a trouvé la mort à son poste, à la suite de l'explosion du 25, au milieu de ses hommes qu'il a toujours commandés avec une énergie remarquable



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Sources:
Journal l'Illustration du 29/04/1916 (Tableau d'honneur - Collection privée de l'auteur)
JMO du 410e RI (SGA-Mémoire des Hommes)