{"id":179,"date":"2009-07-25T16:33:28","date_gmt":"2009-07-25T15:33:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.photoethistoire.eu\/14-18\/?p=179"},"modified":"2016-09-25T08:30:55","modified_gmt":"2016-09-25T07:30:55","slug":"25-septembre-1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.photoethistoire.eu\/14-18\/2009\/07\/25-septembre-1915\/","title":{"rendered":"25 septembre 1915"},"content":{"rendered":"<p>Le 25 septembre 1915 marque le d\u00e9but de la deuxi\u00e8me bataille de Champagne. Elle s&rsquo;\u00e9tend sur un front qui va d&rsquo;Aubrive \u00e0 Ville-sur-Tourbe. Ce jour-l\u00e0 le 403e va payer un lourd tribu \u00e0 la guerre. Voici comment, dans son rapport, le lieutenant-colonel Pernot commandant le r\u00e9giment r\u00e9sume cette journ\u00e9e:<\/p>\n<blockquote><p>Le R\u00e9giment avait ordre de se porter \u00e0 l&rsquo;attaque des tranch\u00e9es allemandes situ\u00e9es au Nord des tranch\u00e9es qu&rsquo;il occupait lui-m\u00eame, dans le Secteur du Calvaire \u00e0 Ville-sur-Tourbe. Son objectif \u00e9tait l&rsquo;occupation de la tranch\u00e9e de Coblentz et pour y parvenir il avait \u00e0 enlever successivement, les tranch\u00e9es du Calvaire, de Gasseu, les ouvrages de la c\u00f4te 150.<\/p>\n<p>Son secteur d&rsquo;attaque \u00e9tait compris entre la Route de Vouziers et l&rsquo;Etang de Ville. A sa gauche, se trouvait la 3eme Brigade Coloniale et \u00e0 sa droite le 410e R\u00e9giment qui devait attaquer la tranch\u00e9e de Goldberg, prolongeant vers l&rsquo;Est la tranch\u00e9e du Calvaire.<\/p>\n<p>La position ennemie \u00e9tait fortement organis\u00e9e et comportait, outre les d\u00e9fenses accessoires, le fortin de la c\u00f4te 472, ainsi qu&rsquo;un r\u00e9duit am\u00e9nag\u00e9 aux abords de la Route de Vouziers, pr\u00e8s de la c\u00f4te 469.<\/p>\n<p>Un bombardement de 3 jours avait boulevers\u00e9 les tranch\u00e9es ennemies, ouvert des br\u00e8ches dans les d\u00e9fenses et supprimer les mitrailleuses ; mais comme il fut constat\u00e9 au cours de l&rsquo;attaque, cette d\u00e9sorganisation des ouvrages ennemis \u00e9tait tr\u00e8s incompl\u00e8te.<\/p>\n<p>Le fortin \u00e9tait seulement endommag\u00e9, des mitrailleuses subsistaient en plusieurs points, certaines br\u00e8ches dans les d\u00e9fenses \u00e9taient incompl\u00e8tes ou bien avaient \u00e9t\u00e9 r\u00e9par\u00e9es pendant la derni\u00e8re nuit.<\/p>\n<p>La r\u00e9partition du r\u00e9giment comportait 6 \u00e9chelons ou vagues de 2 Cies chacune. 4 Echelons \u00e9taient mis \u00e0 la disposition du Lieutenant-Colonel pour l&rsquo;attaque; les 2 autres vagues \u00e9tant laiss\u00e9es comme \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9serve. Les 4 vagues d&rsquo;attaque \u00e9taient constitu\u00e9es par les 1er et 2e Bataillons, conform\u00e9ment aux dispositions que pr\u00e9voyait l&rsquo;ordre d&rsquo;attaque du R\u00e9giment.<\/p>\n<p>La distance qui s\u00e9parait les lignes Allemandes des lignes Fran\u00e7aises \u00e9tait d&rsquo;environ 350 m vers la gauche (Route de Vouziers) et d&rsquo;environ 200 m devant le Fortin Allemand.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<blockquote><p><strong>D\u00e9clenchement de l&rsquo;Attaque<\/strong><\/p>\n<p>A l&rsquo;heure indiqu\u00e9e pour l&rsquo;assaut g\u00e9n\u00e9ral (9hrs 15), les 3 premi\u00e8res vagues se lanc\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;assaut dans les conditions qui leur avaient \u00e9t\u00e9 fix\u00e9es, la 4e vague venant se placer automatiquement \u00e0 la tranch\u00e9e de la 1\u00e8re ligne. D&rsquo;un seul bond, les 2e et 3e Cie (1\u00e8re vague) atteignirent les tranch\u00e9es allemandes.<\/p>\n<p>Une partie d\u00fbt s&rsquo;y engouffrer se trouvant subitement en pr\u00e9sence de nombreux d\u00e9fenseurs arm\u00e9s de grenades. Cette vague n&rsquo;ayant pu franchir les tranch\u00e9es elles-m\u00eames, sans s&rsquo;y arr\u00eater comme il avait \u00e9t\u00e9 prescrit de le faire, il se livra en ce point un combat meurtrier o\u00f9 d\u00fbt succomber la majeure partie des 2e et 3e Cies.<\/p>\n<p>Une petite partie seulement, sous les ordres du Lieutenant Veillet, r\u00e9ussit \u00e0 se maintenir face \u00e0 l&rsquo;ennemi en se cramponnant au sol jusqu&rsquo;\u00e0 la tomb\u00e9e de la nuit, heure \u00e0 laquelle elle fut oblig\u00e9e de se replier en raison des pertes subies.<\/p>\n<p>Sur les autres parties du front d&rsquo;attaque les Compagnies d&rsquo;assaut s&rsquo;\u00e9taient trouv\u00e9es rapidement soumises aux feux d&rsquo;enfilades des mitrailleuses ennemies et avaient subi des pertes \u00e9lev\u00e9es. Une partie d&rsquo;entre elles parvint n\u00e9anmoins jusqu&rsquo;aux d\u00e9fenses ennemies mais ne r\u00e9ussit pas \u00e0 pousser au-del\u00e0.<\/p>\n<p>Tous les hommes et grad\u00e9s vinrent se faire tuer ou blesser, \u00e0 bout de souffle, \u00e0 quelques dizaines de m\u00e8tres de la tranch\u00e9e du Calvaire. Cet assaut avait dur\u00e9 une dizaine de minutes tout au plus et nous co\u00fbtait 800 hommes hors de combat dont 15 officiers, soit les 2\/3 au moins de l&rsquo;effectif engag\u00e9.<\/p>\n<p>Nos mitrailleuses avaient \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es et avaient pr\u00eat\u00e9 leur appui, mais leur aide fut inefficace contre un ennemi cach\u00e9 et contre des mitrailleuses blind\u00e9es. Il \u00e9tait manifeste que pour une attaque comme celle-l\u00e0 p\u00fbt r\u00e9ussir, il eut fallu disposer de troupes plus nombreuses et il aurait \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e9galement que le Fortin ennemi ait \u00e9t\u00e9 au pr\u00e9alable r\u00e9duit au silence.<\/p>\n<p>L&rsquo;exp\u00e9rience venait de prouver que tout renfort qui aurait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 pour tenter d&rsquo;enlever la position \u00e9tait vou\u00e9 \u00e0 un \u00e9chec.<\/p>\n<p>Pendant toute la journ\u00e9e, deux fractions r\u00e9ussirent \u00e0 se maintenir cramponn\u00e9es au sol, l&rsquo;une \u00e0 droite \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la sape allemande, l&rsquo;autre vers la gauche dans le vallonnement, en face de la c\u00f4te 469.<\/p>\n<p>Ces deux fractions repr\u00e9sentaient tout ce qui restait d&rsquo;hommes valides (une centaine environ) qui revinrent dans nos lignes, soit dans le courant de la nuit, soit le lendemain matin.<\/p>\n<p>Au cours de l&rsquo;attaque, les Officiers et la troupe firent preuve d&rsquo;une grande bravoure et si l&rsquo;assaut ne r\u00e9ussit pas, ce fut d\u00fb \u00e0 l&rsquo;organisation encore tr\u00e8s forte de l&rsquo;ennemi, malgr\u00e9 le bombardement des 3 jours pr\u00e9c\u00e9dents. Quantit\u00e9 d&rsquo;officiers, sous-officiers et soldats, se sont signal\u00e9s par leur brillantes conduite et font l&rsquo;objet de mentions sp\u00e9ciales.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le bilan de cette journ\u00e9e s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 :<\/p>\n<p><strong>130 tu\u00e9s<\/strong> parmi lesquels les lieutenants Marius BOUST et Paul ARBELOT.<\/p>\n<p><strong>280 disparus <\/strong>dont : Jean-Baptiste HURVOY &#8211; chef du 1er Bataillon Fran\u00e7ois AUBESQUIER &#8211; capitaine Albert ESPANET &#8211; capitaine Constant LEVAVASSEUR &#8211; lieutenant Renon BOISSI\u00c8RE &#8211; sous-lieutenant Georges LACOSTE &#8211; sous-lieutenant Charles CORDELIER &#8211; sous-lieutenant<\/p>\n<p><strong>380 bless\u00e9s<\/strong> parmi lesquels les capitaines LECART, COURCOUX et Henri TARTRAT(ce dernier d\u00e9c\u00e9dera deux jours plus tard des suites de ses blessures) et les lieutenants COULON, de ST JULIEN et MEYER.<\/p>\n<p><em>(1) Un grand merci au visiteur Yannis pour\u00a0l&rsquo;information au sujet du soldat Joseph d&rsquo;Angelo (engag\u00e9 volontaire \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 18 ans) et dont je n&rsquo;avais pas encore retrouv\u00e9 la trace.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 25 septembre 1915 marque le d\u00e9but de la deuxi\u00e8me bataille de Champagne. 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