Secteur d’Hurtebise (3)

Le 31 août le régiment est chargé d’attaquer les positions du Monument d’Hurtebise.

L’attaque est lancée à 19h.

Extrait de l’Historique du 403e Régiment d’Infanterie (*)

« L’attaque se déclenche à 19h et tous les objectifs sont atteints

Pour le 1er Bataillon, à H6 (saillant du Tunnel, tranchées d’Ems et de Jaouen). Il fait 110 prisonniers dont 3 officiers et récupèrent 7 mitrailleuses et 4 mitraillettes.

Pour le 2e Bataillon, la 5e Cie atteint sont objectif à H20 (arrivée au Balcon) ; l’ennemi réagit violemment en prononçant plusieurs contre-attaques dans le courant de la nuit.

Le 3e Bataillon avait pour mission d’assurer la garde des tranchées de départ, de les ravitailler et éventuellement de renforcer les unités d’assaut. »

A noter qu’en abordant le Balcon, la 5 Cie du 2e Bataillon a été soumise à de violents tirs de mitrailleuses venant de la Grotte des Saxons. Son élan est brisé et presque tous les cadres hors combat. Parmi eux, le capitaine Legivre qui, quelques instants auparavant en abordant le Balcon, y avait planté son fanion d’honneur. Il est remplacé par le s/Lt Duffau qui, lui, était déjà blessé.

A l’issue de la journée les pertes du régiment s’élèveront à 37 tués (parmi lesquels 8 officiers), 115 blessés et 16 disparus.

L’attitude des hommes du régiment durant cette journée a valu à ce dernier d’être cité à l’ordre du jour de l’Armée en ces termes :

« Chargé, le 31 août 1917, sur le Chemin des Dames, d’attaquer les positions du Monument d’Hurtebise a, sous le commandement du lieutenant-colonel Collet, brillamment rempli cette mission que la conformation du terrain et les organisations ennemies rendaient tout particulièrement difficile.

A gagné d’un superbe élan tous ses objectifs, faisant 180 prisonniers, dont 7 officiers, prenant 8 mitrailleuses et résistant pendant quatre jours et quatre nuits consécutives à sept contre-attaques ennemies des plus violentes. S’est maintenu sur les positions conquises sous les bombardements intenses et continus.

A fait preuve, à nouveau, dans ces circonstances, des belles qualités qu’il avait montré depuis sa formation, à la bataille de Champagne en septembre 1915, à la bataille de Verdun en juin 1916, ainsi que le 17 avril 1917 dans le secteur de Reims, où il a enlevé tous ses objectifs et fait plus de 200 prisonniers et capturé 8 mitrailleuses.

Au Q.G., le 20 septembre 1917 – Le Général commandant la Xe Armée signé : Duchêne  »

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(*) source : Gallica-Bnf

Secteur d’Hurtebise (1)

Le régiment vient à peine de s’installer dans les tranchées de son secteur d’Hurtebise (le 18 août) que l’ennemi lui inflige déjà ses premières pertes.

Le lendemain, 19, la journée est décrite comme « calme » et pourtant on va encore déplorer 3 tués et 2 blessés.

20 août – Par deux fois (22h et 1h) l’ennemi tentera un coup de main sur la tranchée du monument. Ces deux tentatives vont échouer.

22 août – A nouveau l’ennemi effectue plusieurs tentatives de « coup de main » qui seront repoussées par la 1ère et la 3ème Cie du 1er Bataillon (Bataillon Lorillot).

Ce même jour, depuis le barrage de la Grotte du Dragon, une deuxième avance est exécutée par le Capitaine Legivre accompagné du s/Lieutenant Turenne (du Génie), le sergent-fourrier Berthelier et 2 hommes. Malgré les coups de fusil par lesquels ils sont « accueillis »,  ils atteignent leur but et 30 mètres sont ainsi gagnés.

« Création d’un nouveau barrage, destruction de fourreaux de mines, d’appareils d’éclairages et d’un cordon détonnant courant le long des parois de la grotte » (extrait du J.M.O).

24 août – Les 1er et 2e Bataillons cantonnent à Mazy où ils se préparent à une attaque par différents exercices tandis que le 3e Bataillon occupe toujours ses tranchées dans le secteur Z.

25 août – Pendant une grande partie de la journée, les unités du 403e en 1ère ligne évacuent les tranchées pour faciliter les tirs de destruction de l’artillerie française. Elles prennent position dans la ligne de soutien et la compagnie de réserve se retire dans la Grotte du Dragon. Quand ces unités vont rejoindre leurs tranchées, l’ennemi déclenche des tirs nourris de petits et gros calibres qui tombent sur les 1ère et 2ème ligne du régiment au Trou de l’Enfer, boyaux de la Bove et Rampont.

26 août – L’artillerie française poursuit ses tirs de destruction. Comme la veille, les lignes sont évacuées. A 19h, nouveau violent tir de barrage de l’ennemi sur les lignes quand les unités du 403e les rejoignent (1ère et 2eme ligne, Vallée Foulon, boyaux de la Bove et Rampont. La nuit sera calme.

27 août – A 4h du matin les Allemands déclenchent un tir de barrage sur la 2ème ligne et des tirs, que le J.M.O qualifie de « tirs d’interdiction », sur les boyaux d’accès Bove et Rampont. Tout le secteur est soumis à des tirs de petits et gros calibres.

Dans le même temps cinq groupes, constitués chacun d’une vingtaine d’Allemands, tentent d’aborder la 1ère ligne du 403e au saillant de la tranchée du Monument et barrage Daniel. Ils sont repoussés et refoulés avant d’atteindre cette 1ère ligne par les grenadiers ainsi que des tirs de mitrailleuses. Mais trois des guetteurs du 403e ayant été blessés au début de l’attaque, les Allemands réussiront à pénétrer momentanément au saillant du Monument. Ils en seront vite chassés après un combat à la grenade.

Les tirs de l’artillerie française se sont poursuivis durant la journée, ce qui a déclenché, à plusieurs reprises, des tirs de représailles de l’artillerie ennemie sur la 2ème ligne et la Vallée Foulon.

27-28 août – Poursuite de tirs de destruction de l’artillerie française. La réaction de l’ennemi est moins vive.

30 août – En prévision de l’attaque du lendemain, des dépôts de munitions et de matériel sont constitués dans chaque compagnie ainsi qu’un dépôt central dans chaque quartier et un dépôt plus important à la grotte du Dragon. Nerveuse, l’artillerie ennemie redouble d’intensité par des violents tirs de barrage déclenchés à plusieurs reprises.

 

Vers le secteur d’Hurtebise

Ayant quitté le secteur des Cavaliers de Courcy , les hommes sont arrivés le 7 juillet à Ribécourt (Oise), mais le régiment embarque aussitôt pour aller occuper les cantonnements au nord/nord-ouest de Ribécourt : à Cuy (1er Bt), Thiescourt (2e Bt et E.M), Dives-Divettes et Plessis-Cacheleux (3e Bt)

Du 8 au 26 juillet les hommes se livreront à divers exercices et manoeuvres.

Le 27 juillet à 3h arrive l’ordre de départ en camions. A 18h le régiment débarque au cantonnements au Sud de Frismes ( à l’ouest de Reims) et plus précisément à St Gilles pour l’E.M et le 2e Bt – à Courville pour le 3e Bt.

Le 8 août Le colonel et les chefs de bataillon vont reconnaître le nouveau secteur du 403e à l’Ouest d’Hurtebise.

En attendant d’aller relever le 21e R.I.C dans leur prochain secteur, les hommes se livrent, entre le 9 et 15 août,  à des exercices d’attaques et de contre-attaques.

Le 16 août l’ordre de relever le 21e R.I.C dans le s/secteur Ouest d’Hurtebise arrive.

Pour se faire, le bataillon Frey (2e Bt) va d’abord cantonner à 12 km au nord de Frismes dans le village de Maizy et c’est le 17 août qu’il relève le Bt Buisson du 21e R.I.C  (Quartier Y). Tandis que le Bt Lorillot (1er Bt) se déplace vers le cantonnement de Maizy où il attend les ordres. Le Bt Alboussières  (3e Bt) lui restant lui à Courville.

18 août

Le 1er Bt va occuper les tranchées dans le Quartier Z où il relève un bataillon du le 23e R.I.C tandis que le 3e Bt va cantonner à Maizy

Cette relève ne se déroule pas sans pertes. En effet on déplore la mort d’un homme et 6 autres sont blessés.