Sylvain Paul SOUCAILLE

Caporal à la 6e Cie du 332ème Régiment d’Infanterie Territoriale, tué le 4 février 1916.

Une simple croix de bois, plantée un peu en retrait dans un petit chemin de campagne, a attiré notre attention. Sur cette croix est apposée un plaque sur laquelle sont gravés une initiale, un nom et une date.

Nous sommes dans la région de Cappy (Somme) et soudain, de ce petit chemin paisible perdu au milieu de nulle part, on croit entendre de bruits de guerre parvenir à nos oreilles. Avec eux les souffrances trop souvent ignorées de ceux qui étaient affectueusement surnommés « Les Pépères ». Car c’est l’un d’entre-eux qui a été tué à cet endroit. La plaque, assez récente, nous prouve que ce soldat n’est pas oublié.

Né le 5 mars 1872 à Rouffiac-des-Corbières dans l’Aude, ce caporal était âgé de 44 ans.  D’après le JMO du régiment il aurait été tué non pas le 4, mais le 5 février par éclat d’obus dans la région de Cappy sans plus de précision. Il y eu d’ailleurs deux tués et plusieurs blessés ce jour-là dans cette même région et le régiment a subi d’autres nombreuses pertes les jours suivants. A la seule lecture de ces pertes, on peut imaginer dans quelles conditions ces « pépères » ont fait leur besogne et accompli leur devoir.

N’oublions jamais de saluer le courage de ces hommes de l’ombre à qui nous devons également beaucoup.

Les trois aviateurs de Fricourt

Le 22 mai 1940, un avion de la R.A.F s’écrase non loin de Fricourt. On ne sait pas grand chose sur la mission de cet avion qui était alors basé depuis peu à Crécy, ni sur son équipage. Sans doute victime d’une erreur d’identification, ce Blenheim IV « aurait » été abattu par un spitfire. Son équipage était composé de Francis, Derek BIRD – Flying officer 23 ans, de Charles, John, Westley BRINN – sergent, et de Gordon, Desmond COLES – aircraftman 2nd class20 ans. Ils reposent dans le cimetière communal de Fricourt.

Cependant, en feuilletant les pages du site West Wales War Memorial Project , j’ai appris que le sergent observateur Charles John BRINN est commémoré en l’église St Iss à Saunderfoot (Pembroshire – Pays de Galles) dont il est peut-être originaire. Toujours selon ce site, l’escadron 59 a été basé en France dès octobre 1939 et qu’il a effectué plusieurs missions de reconnaissance lors de la bataille de France.

Et le site de la Commonwealth War Graves Commission nous apprend quant à lui que l’officier pilote Francis Derek BIRD était originaire de Buttavant (République d’Irlande). C’était également un sportif. En effet, au meeting Inter Service de 1937, il a gagné le 440 yards et fini ex-aequo au saut en longueur.

Quant à Gordon, Desmond COLES, je sais seulement qu’il est originaire de Londres et que ses parents ont payé un lourd tribu à cette guerre. En effet, un autre de leurs fils, Miles Georges, qui servait dans la Royal Navy sur le H.M.S Arethusa, a été tué le 18 novembre 1942 à l’âge de 25 ans.

Quand le souvenir s’estompe

Face au bois de Hem (Somme), en prenant la D146 vers Maurepas, qui remarque encore à l’entrée de l’aire de repos, la petite stèle élevée à  la mémoire d’un soldat tué dans le secteur.  Le temps et les éléments ont rongé la croix qui surmontait la pierre et l’on a peine à lire les initiales ainsi que la date qui y sont gravées :

H.R – 12 août 1916

Grâce au travail extraordinaire des bénévoles de MemorialGenweb, nous avons déjà pu consulter la liste des hommes inhumés dans les nécropoles du secteur. Et parmi ceux ayant été tuéz le 12 avril 1916 et dont le prénom commence par H, le patronyme par R. Il n’y en a aucun.

Cependant, il y a un homme du 170e R.I qui pourrait correspondre au soldat recherché, il est inhumé dans la nécropole du Bois des Ouvrages à Cléry-sur-Somme. Il s’agit du 2e cl. Henri Joseph Rayssiquier né le 1er août 1885 à Praidal dans l’Hérault. Matricule 552 au recrutement de Béziers. Au moment de la mobilisation, il demeurait à Vendres où son acte de décès a été transcrit en date du 9 octobre 1916.

Une rapide recherche dans les JMO nous apprend que le 170e R.I. combattait effectivement dans le secteur de Cléry en août 1916. Lors des combats du 12 ce régiment a perdu là 54 de ses hommes. Alors si la fiche de notre soldat mentionne la date du 13 avril, il se peut qu’il s’agisse d’une erreur de transcription.

Avons-nous pour autant retrouvé le soldat dont la mémoire s’efface lentement ?

Nous ne sommes pas en mesure de l’affirmer, il nous faut encore poursuivre et affiner les recherches. En attendant, dans l’esprit qui anime l’association, nous allons contacter les autorités compétentes afin que ce petit monument puisse un jour être rénové et ainsi perpétuer la mémoire de ce soldat.