Stèle et panneau commémoratif à Hem-Monacu


Il y a plusieurs années, dans le cadre des manifestations du 90e anniversaire de la Grande Guerre, notre président avait écrit un historique, créé un parcours de mémoire et, pour l’inaugurer, organisé sur celui-ci une grande marche afin de commémorer la bataille du 30 juillet 1916 à Hem-Monacu. « Et si – nous dit-il un jour – nous placions dans cette commune, un panneau commémoratif en souvenir de cette bataille ».

En effet, sinon une plaque en hommage au 23e R.I, apposée à l’initiative de Mr Dandieu sur le mur de la mairie de Hem-Monacu, rien dans le secteur ne rappelait au promeneur le souvenir des régiments français  ayant participé à cette bataille. Ni même ce qui est à l’origine du nom donné au circuit reprit et proposé aujourd’hui par l’Office du Tourisme dans le cadre des randonnées du Pays du Coquelicot.

L’idée du panneau était lancée mais, entre recherches, retards administratifs et autres aléas de la vie, il nous a fallu un an pour le finaliser. Un an cela peut paraître long pour un simple panneau…il faut savoir qu’entre temps était venue se greffer l’idée d’y adjoindre un petit monument sur lequel serait gravé les noms des régiments ou divisions ayant participé à cette bataille.

Notre association est encore jeune, méconnue et elle n’est actuellement composée que de 4 membres effectifs. Alors s’attaquer à un tel projet tenait un peu de la folie. Qu’à cela ne tienne, on dit que la foi déplace les montagnes et de la foi, nous avions des tonnes à revendre.  Bien sûr nous n’avions pas pour ambition d’ériger un « monument » aux dimensions extraordinaires, juste une stèle. Mais plutôt qu’un récit dont la longueur risquerait de lasser les plus courageux d’entre-vous, voici quelques photos afin de résumer cette belle aventure.

Résumer sur un panneau de 1m sur 1m50 les faits de guerre de 5 régiments et les cartes expliquant leurs mouvements, n’est pas chose aisée...


…et quand il faut y ajouter les photos,  cela vire parfois au casse-tête !

Et enfin le panneau est terminé et le bon à tiré est signé par toutes les parties et la maquette est envoyée à l’impression.

De retour et protégé des intempéries qui aura à affronter dans le futur, il est déposé à la mairie de Hem-Monacu en attendant qu’il prenne sa place à côté de la stèle.

Quant au bloc de pierre, qui une fois taillé donnera naissance à la stèle, il nous a été offert par le propriétaire-exploitant de la carrière de Cappy. Mais déplacer ce bloc d’environ 400 kg ainsi que son petit-frères (*) nécessite un engin de dimension et une remorque adaptée !

Arrivé à Hem-Monacu, il faut encore décharger et mettre la pierre à l’abri

…ce sera juste, mais ça passera !

Et à l’hiver 2013, tout est en place. Le chemin vers la stèle est délimité et quand le temps le permettra, il restera à planter quelques rosiers autour du socle.

L’association tient encore à remercier Monsieur Carbonnaux, maire de Hem-Monacu et le conseil municipal pour leur confiance sans faille et l’aide qu’ils nous ont apportée. Remerciements également à Monsieur A.Trouilloud pour l’aide historique des unités citées et en hommage à son grand-oncle tué à Hem. Sans oublier l’ONAC et son représentant à Amiens, Mr Bureau ainsi que Monsieur Delefortrie (Ferme de Monacu) pour son aide au transport de la stèle. Et aussi le propriétaire-exploitant la carrière de Cappy pour son accueil et le don fait à l’association des deux blocs de pierre dont le plus petit servira à un nouveau projet qui verra le jour, nous l’espérons, durant les années de commémoration du Centenaire.

N.b : Depuis l’installation de la stèle, des esprits chagrin nous ont « reproché » d’avoir omis d’y inscrire le nom de certains régiments ayant participé à la bataille de la Somme dans son ensemble. Alors il est nécessaire de rappeler que le panneau et la stèle commémorent uniquement la bataille du 30 juillet 1916 à Hem-Monacu.

Sylvain Paul SOUCAILLE

Caporal à la 6e Cie du 332ème Régiment d’Infanterie Territoriale, tué le 4 février 1916.

Une simple croix de bois, plantée un peu en retrait dans un petit chemin de campagne, a attiré notre attention. Sur cette croix est apposée un plaque sur laquelle sont gravés une initiale, un nom et une date.

Nous sommes dans la région de Cappy (Somme) et soudain, de ce petit chemin paisible perdu au milieu de nulle part, on croit entendre de bruits de guerre parvenir à nos oreilles. Avec eux les souffrances trop souvent ignorées de ceux qui étaient affectueusement surnommés « Les Pépères ». Car c’est l’un d’entre-eux qui a été tué à cet endroit. La plaque, assez récente, nous prouve que ce soldat n’est pas oublié.

Né le 5 mars 1872 à Rouffiac-des-Corbières dans l’Aude, ce caporal était âgé de 44 ans.  D’après le JMO du régiment il aurait été tué non pas le 4, mais le 5 février par éclat d’obus dans la région de Cappy sans plus de précision. Il y eu d’ailleurs deux tués et plusieurs blessés ce jour-là dans cette même région et le régiment a subi d’autres nombreuses pertes les jours suivants. A la seule lecture de ces pertes, on peut imaginer dans quelles conditions ces « pépères » ont fait leur besogne et accompli leur devoir.

N’oublions jamais de saluer le courage de ces hommes de l’ombre à qui nous devons également beaucoup.

Les trois aviateurs de Fricourt

Le 22 mai 1940, un avion de la R.A.F s’écrase non loin de Fricourt. On ne sait pas grand chose sur la mission de cet avion qui était alors basé depuis peu à Crécy, ni sur son équipage. Sans doute victime d’une erreur d’identification, ce Blenheim IV « aurait » été abattu par un spitfire. Son équipage était composé de Francis, Derek BIRD – Flying officer 23 ans, de Charles, John, Westley BRINN – sergent, et de Gordon, Desmond COLES – aircraftman 2nd class20 ans. Ils reposent dans le cimetière communal de Fricourt.

Cependant, en feuilletant les pages du site West Wales War Memorial Project , j’ai appris que le sergent observateur Charles John BRINN est commémoré en l’église St Iss à Saunderfoot (Pembroshire – Pays de Galles) dont il est peut-être originaire. Toujours selon ce site, l’escadron 59 a été basé en France dès octobre 1939 et qu’il a effectué plusieurs missions de reconnaissance lors de la bataille de France.

Et le site de la Commonwealth War Graves Commission nous apprend quant à lui que l’officier pilote Francis Derek BIRD était originaire de Buttavant (République d’Irlande). C’était également un sportif. En effet, au meeting Inter Service de 1937, il a gagné le 440 yards et fini ex-aequo au saut en longueur.

Quant à Gordon, Desmond COLES, je sais seulement qu’il est originaire de Londres et que ses parents ont payé un lourd tribu à cette guerre. En effet, un autre de leurs fils, Miles Georges, qui servait dans la Royal Navy sur le H.M.S Arethusa, a été tué le 18 novembre 1942 à l’âge de 25 ans.