Reims bombardée

Malgré l’incendie, les bombardements, la cathédrale est toujours debout. Autour d’elle certaines maisons sont miraculeusement encore intactes tandis que d’autres sont dévastées. A la fin de la guerre 14-18 la ville ne sera plus qu’un champs de ruines.


Cette photo a été prise lors d’un vol de reconnaissance par le sergent Boillot. (Date inconnue.)

Sur le front, un moment de détente à l’arrière

Après environ une semaine passée aux tranchées de première ligne venait le moment tant attendu de la période de repos.

Repos qui n’en était pas vraiment un car les soldats devaient se soumettre à divers exercices et manoeuvres, sans compter les travaux aux tranchées de l’arrière ou les défilés de parades.

(Voir l’article « Les jours de repos »)

Mais heureusement il y a aussi quelques vrais moments de détente comme le montre cette photo et où l’on peut se remonter le moral en profitant des petits plaisirs de la vie.

Cette photo-carte a été écrite par un des soldats figurant sur celle-ci.

18 avril 1916
Bien chers parents
Je suis toujours en bonne santé et j’espère qu’il en est de même de vous.
Je vous embrasse bien tendrement
Votre fils qui vous aime
Henri

Un chant en forme de témoignage (Fricourt)

Les paroles de cette chanson ont été écrites durant la guerre par un soldat resté anonyme. Si on se réfère à celles du 1er couplet, il aurait pu appartenir à un régiment de cavalerie…mais ce n’est qu’une hypothèse.

On y apprend aussi que son régiment est resté sur place durant plusieurs mois ce qui pourrait permettre de retrouver ce dernier.

Plus qu’un chant, c’est un témoignage sur une portion de vie dans les tranchées face à Fricourt (Somme)

Les Tranchées de Fricourt
(air : Les ponts de Paris)

En avant d’un village
Que l’on nomme Fricourt
Un boyau donn’passage
Aux chasseurs nuit et jour
Près des tranchées
Blottis cachés,
Se trouvent les abris de nos troupes
Des cavaliers,
Les cuisiniers
Tranquillement y font la soupe.

1er Refrain

Aux tranchées de Fricourt
Nous sommes nuit et jour
Depuis des mois, c’est là notre demeure
Les uns y vivent, et les autres y meurent.
Mais qu’importe la mort
Si nous sommes les plus forts,
N’avons-nous pas des cent cinquante cinq courts
Au Château de Bécourt

2ème Refrain

N’avons nous pas des lanceurs de Schrapnells
Aux tranchées d’la Boisselle

3ème Refrain

Ne somm’s-nous pas ravitaillés sans faute
Chaque jour à Méaulte

Ce n’est pas un petit Nice,
Qu’les tranchées à Fricourt,
Ici pas de caprice
De plaisir et d’amour !
De féminin
Nous n’avons rien
A part Rosalie-Baïonnette
Mais aux abris,
Dans notre nid,
Elle repose, la coquette ! (Refrain)

Ce n’est pas par débine
Que je dis en ce jour
Qu’on fait bonne cuisine
Aux tranchées de Fricourt
Riz du Japon
Et saucisson
De l’Australie ou d’Amérique
Quart de tacot
De ça pas trop
Ça pourrait donner la colique ! (Refrain)

Quand finira la guerre
Et que nous reviendrons
Chez nous la mine fière,
Alors nous conterons
A nos parents,
A nos enfants,
Notre campagne et nos victoires
Aussi de leur conter l’histoire !
Notre campagne et nos victoires
Ohé les gars, les gars !
N’oubliez pas
Aussi de leur conter l’histoire (Refrain)

Dernier refrain

Des tranchées de Fricourt
Où pendant bien des jours,
Pendant des nuits, durant la grande lutte
Des Allemands précipitant la chute,
Si vous avez là lutté
C’est pour la liberté !
Souvenez-vous, amis, et pour toujours
Des tranchées de Fricourt

On peut raisonnablement penser que le secteur où se trouvait ce soldat est situé entre les deux flèches. Sur cette carte les tranchées allemandes sont représentées en rouge et les tranchées occupées par les troupes françaises puis britanniques sont en bleu. Pour rappel ce front n’a pas bougé entre sa stabilisation en 1914 et l’offensive du 1er juillet 1916.

(A noter que le secteur du 403e Régiment d’Infanterie commençait sous la flèche du bas. Voir carte ici )


Mes remerciements à Monsieur André Belle, de Fricourt, à qui je dois ces documents.