Ferme de Beauséjour (1er février 1916)

Carte-photo écrite le 10 avril 1916. Peut-être par un des soldats qui figurent sur la photo

Mon cher Lucien,

Je te remercie pour ta derniere lettre. Puisse le temps etre favorable à la poussée des asperges afin que pour Pâques tu puisses en parfumer l’omelette
Embrasse bien Marthe et Lili et continues toujours à faire des progrès à l’école.
Bien à toi,

André


Je profite de la question posée par un de mes visiteurs pour passer l’information à tous :

Le site de la Ferme de Beauséjour est aujourd’hui intégré dans le camp militaire de Suippes dont l’accès est habituellement interdit. Mais tous les deux ans une visite des sites disparus est organisée par les autorités militaires du camp.

La dernière visite ayant eu lieu à l’occasion du 11 novembre 2008, la prochaine est, en principe, prévue pour 2010.

Mais vous pourrez obtenir plus de renseignements auprès des responsables à cette adresse :

Contact / Camp de Suippes :

Officier supérieur adjoint
du Centre d’Entraînement des Brigades
51400 MOURMELON LE GRAND

Tél. 03 26 63 71 01


 

Thiméon (B)

Dans l’entité de Thiméon,  le monument élevé en mémoire des 6 enfants du pays
tués au combat en 14-18

Ce sont :

DAUGIMONT François
2e Carabiniers
Tué au combat le 27/09/1915

HUBINON Gustave
2e Chasseurs à Pied
Tué au combat le 12/09/1914

TIBERMONT Elisé
8e de Ligne
Tué au combat le 23/08/1914

DUMONT Franz
6e de Ligne
Tué au combat le 01/11/1918

DESCHAMPS Jean-Baptiste
14e de Ligne – 9e Cie
Tué au combat le 27/10/1918

HENRY Joseph
8e de Ligne
Tué au combat le 17/03/1917

A gauche et à droite du monument principal deux monuments en mémoire de deux soldats tués au combat durant le conflit 40-45

Pierre SIMON
Soldat au 2e Régiment de Chasseurs à Pied
Tombé à Den Bommel (Pays-bas)le 6 juin 1940

Dekeuster Jean-Baptiste
Soldat au 19e Régiment de Ligne
Décédé des suites de ses blessures le 18 octobre 1941

Henri NICAISE

Henri a été fusillé au Tir National à Bruxelles le 13 décembre 1943
à l’âge de 19 ans.

Sur la carte éditée en sa mémoire on peut notamment lire : « Avant de mourir, il refusa qu’on lui mette un bandeau sur les yeux et ses dernières paroles furent « Jésus, Miséricorde ! Vive la Belgique ! « 

La veille de sa mort il a écrit à ses parents (*):

Chers Parents, Robert et Marcelle,

Je vous écris ces quelques mots pour vous dire que pour moi tout est fini et que à l’heure qu’il est, je ne suis plus. Mais ma vie au Ciel sera comme je le pense plus belle et de là, je pourrai vous voir car je sais qu’un jour vous viendrez tous me rejoindre. Je vais vous dire ceci, d’être courageux jusque la fin et faites-vous la gloire d’avoir votre fils mort pour la patrie. Je joins aussi vos photos que vous garderez précieusement en souvenir de moi. J’espère que vous serez courageux et mon plus grand plaisir sera pour moi que vous alliez tous les dimanches à la messe pour assurer ma place auprès des anges et de Dieu. Je vous souhaite à tous, chère Maman, Papa, Robert et Marcelle une bonne et heureuse année, car les miennes seront maintenant toutes bonnes. Donc chez parents, soyez fiers et courageux et maintenant je vous embrasse de loin en vous disant adieu pour toujours.

Votre fils qui n’est plus.

Lorsque Robert aura un petit enfant, vous n’aurez qu’à l’appeler Henri si c’est un petit garçon ou Arlette si cela est une petite fille. Vous ferez cela en mémoire de moi puisque la dernière visite que vous m’aviez faite, vous m’aviez promis que si je sortais de prison ce serait moi le parrain.

Je joins aussi, attachée à vos photos une mèche de mes cheveux.

Henri.

Après la guerre la dépouille d’Henri Nicaise a été inhumée à Beauraing mais la croix sous laquelle il a reposé est toujours visible dans l’enclos des fusillés à Bruxelles.


(*) Extrait de la carte-souvenir éditée en sa mémoire