Sur les traces du 74e R.I.

Reconnu bon pour le service armé le soldat Henri Autin rejoint, au sein d’un détachement de plus de 1200 hommes, le front de Champagne le 19 septembre 1914. Ils vont renforcer le 74e qui a perdu beaucoup d’hommes lors de la bataille de Charleroi et au cours de l’offensive de la Marne.

Blessé une 1ere fois au combat en septembre 1914, notre aïeul n’aura servi que très peu de temps au sein du 74e RI avant d’être affecté, après plusieurs mois d’hospitalisation et de convalescence, au 403e RI.

Sur le parcours (1) du 74e RI, je n’ai donc que très peu d’échos et le but de cette catégorie n’est pas de retracer dans les détails les batailles auquel il a participé mais de connaître le sort des quelques compagnons dont Henri parle dans son carnet et de rendre hommage, quand mes chemins croiseront le sien, à ce régiment ainsi qu’à ses hommes.


(1) Pour le parcours historique et détaillé du 74e RI, je vous invite à visiter le blog qui lui est entièrement consacré: ICI

 

 

Marpent (F)

Il y a trois carrés militaires dans le cimetière communal de Marpent. Deux où sont inhumés des Français et un contenant les tombes de 26 soldats du Commonwealth

PREMIER CARRÉ FRANÇAIS :

Parmi les soldats dont les noms suivent, certains sont décédés en captivité, d’autres ont disparu. Pour l’instant j’ignore s’ils ont tous été rapatriés

BEQUET Emile, Alphonse – Soldat au 269e RI – 08/12/1918 à l’hôpital de Heilsberg (Allemagne)

HANCOTTE Jules – 2e cl. au 110e RI – disparu au front à Laigny (Aisne) le 30 août 1914

LEBRUN Honorat, François – 2e cl. au 84e RI (11eCie) – 19/02/1915 secteur de « Beauséjour » à St Jean S/Tourbe (Marne)

DEMARET Noël – 2e cl. au 164e RI – 22/12/1914 à l’hôpital temporaire 4../3 de Verdun

Ceux dont je n’ai pas retrouvé la fiche :

LEPAPE Wilmer – ROGER Claude – POLET Paul – CORRAZA Aldo – GRAVEZMaurice (déporté civil)

SECOND CARRÉ FRANÇAIS

BLANCHEGORGE Christophe – 2e cl.au 145e RI – 01/09/1914 à Marpent-Boussois

CHAMART Victor, Louis – 2e cl. au 145e RI – 10/09/1914 à Marpent (*)

DESCHAMPS Eugène – 4e RIT – 09/1914

DEQUEKER Edouard, Jean, Benoit – Soldat au 1er RIT – 01/09/1914 (*)

DUHEM Alfred, Louis, Joseph – Soldat au 1er RIT – 10/09/1914 à Marpent (*)

DURIEZ Louis, Constantin, Joseph – Caporal au 145e RI – 05/09/1914 à Maubeuge (*)

GRUSON Albert, Pierre – 2e cl. au 145e RI – 01/09/1914 à Marpent-Boussois

HOMBEK Albert Eugène – Sergent au 145e RI – 01/09/1914 à Marpent-Boussois

LEURIDANT Alphonse, Alfred – Soldat au 1er RIT – 10/09/1914 près de Marpent(*)

MORELLE Romain, Louis – Caporal au 1er RIT – 30/08/1914 à Marpent (*)

RIBOT Emile, Ernest – 2e cl. au 145e RI – 01/09/1914 à Marpent-Boussois

(*) Contrairement à ce qui est indiqué dans les fiches,sur la sépulture de ces soldats il est écrit qu’ils appartenaient au 4e RIT

CARRE DU COMMONWEALTH

ANDREWS W. – Rifleman – London Regiment (First Surrey Rifles) – 13/10/1918

BELL Ernest, E – Lance Corporal – West Yorkshire Regiment (Prince of Wale’s Own) – 24/10/1918 – 23 ans

BRADBURN Henry, Isaac – Corporal – Cheshire Regiment – 14/10/1918 – 31 ans

BUCKROYD J.W. – Private – West Yorkshire Regiment (Prince of Wale’s Own) – 19/10/1918 – 25 ans

CARLILE W. – Private – Border Regiment – 23/10/1918 – 22 ans

DUCKITT H. – Corporal – West Yorkshire Regiment (Prince of Wale’s Own) – 16/10/1918

EDEN H. – Lance Corporal – West Yorkshire Regiment (Prince of Wale’s Own) – 13/08/1918

GRASS G. – Private – Leicestershire Regiment – 14/10/1918

HAMER W. – Private – Manchester Regiment – 16/10/1918

HAMILTON Robert, Henry – Private – Gloucestershire Regiment – 28/08/1918 – 19 ans

HILTON John, Hulatt – Private – Manchester Regiment – 17/10/1918 – 19 ans

HOBBS H. – Private – Wiltshire Regiment – 26/03/1918

JOHNSON A. – Private – East Yorkshire Regiment – 11/10/1918

KING W. – Private – Worcestershire Regiment – 03/09/1918

LAWSON Alfred, Henry – Private – Northumberland Fusiliers – 15/08/1918 – 33 ans

LILLEY Harvey – Private – East Yorkshire Regiment – 30/09/1918 – 31 ans

LOCK E. – Rifleman – Royal Irish Rifles – 18/10/1918

MAITLAND J.M. – Private – Royal Scots – 18/10/1918

MILLINGTON H. – Private – Northumberland Fusiliers – 17/10/1918 – 21 ans

ROUND Fred F. – Private – Sherwood Forester (Notts and Derby Regiment)- 15/10/1918 – 19 ans

SHAW Thomas T. – Private – Machin Gun Corps (Infantry) – 21/10/1918 – 31 ans

SMITH Arthur, Ernest – Private – Gloucestershire Regiment – 18/10/1918 – 29 ans

SMITH H. – Private – York and Lancaster Regiment – 18/10/1918

WILKIE J.A. – Private – Royal Scots – 16/10/1918

WILSON Robert H. – Private – Leicestershire Regiment – 12/10/1918

YOUNG Robert H. – Lance Corporal – East Yorkshire Regiment – 17/10/1918 – 21 ans

Marpent dans le département du Nord. À 4 km de Erquelines (frontière belge) et à 9 km de Maubeuge

Evacuation des blessés en 14-18

Bref résumé sur le système d’évacuation des blessés du front.

Sur plusieurs fiches de soldats malheureusement morts des suites de leurs blessures on peut souvent lire qu’ils sont décédés soit dans un hôpital provisoire, soit dans une ambulance. Ce qui m’a amenée à me poser la question suivante : comment se passait l’évacuation des blessés depuis le front ?

Les premiers intervenants sont les brancardiers qui « relèvent » les blessés sur le champ de bataille et les évacuent vers les postes de secours.

Les postes de secours : ils sont placés non loin des premières lignes à l’abri du feu, les premiers soins y sont donnés par des médecins et infirmières. Ensuite les blessés sont dirigés vers les « ambulances »situées non loin de l’unité à laquelle elles appartiennent.

Les « ambulances » : dans le language du service de santé en temps de guerre ce ne sont pas, comme on pourrait le penser, des véhicules mais bien des hôpitaux avec à leur tête un médecin-chef ayant sous ses ordres plusieurs médecins et infirmières responsables de différents services qui procèdent à la réception, au « triage » des blessés et enfin aux opérations d’urgence.

Les blessés sont alors dirigés vers un hôpital dit « d’évacuation » puis vers les hôpitaux de l’arrière.

Notons que parmi les « moins touchés », après une convalescence plus ou moins longue selon les cas, ceux qui sont reconnus aptes pour le service sont renvoyés au front.

Un exemple : le récit du soldat Henri Autin blessé au combat près de Reims en septembre 1914

27 septembre

4 1/2 du soir je suis touché à la cuisse gauche par un éclat d’obus, mon camarade de combat, un nommé Collé de Luneray vient à mon secours et me panse

6h 1/2 je quitte le terrain pour trouver le poste de secours, je rampe quelques mètres mais je ne vais pas loin, heureusement arrive une corvé d’eau qui me transporte jusqu’au poste – 1er pansement, pas d’infirmier et coucher dans une étable.

11h changer de pièce pour faire place aux autres, je suis très fièvreux et bois sans raison. Heureusement il n’y a plus d’eau dans mon bidon, je ne boirai plus

28 septembre

6h du matin, je n’ai pas dormi, j’ai eu trop froid, je ne peux pas m’allonger, ni replier la jambe, mais je ne souffre pas trop, on va m’évacuer; pour cette fois, j’ai la vie sauve.

7h nous partons à 6 sur une charette vers l’ambulance de Chenay-Là une tasse de bouillon-un pansement-et en autobus je gagne la gare de Muizon on me couche par terre avec d’autres blessés et j’y reste de 11h à midi, l’heure qu’on commence à former le train.

A 2h le train s’ébranle, je pousse un soupir de soulagement car j’ai hâte de me faire enlever ce qui m’est entré dans les chairs.

29 septembre

La nuit s’est passée tant bien que mal, nous n’avons qu’un souci, c’est l’arrivée à l’hôpital. Nous passons Château-Thierry et apprenons que nous allons dans le Loir et Cher – A Blois le train se dédouble et je vais à Romorantin.

A 11h du soir arrivée. Ce sont les premiers blessés qui sont dans cette ville, et tout le monde est sur pied pour nous attendre. Je suis dirigé sur l’hôpital 17 et couché sur un bon lit. C’est la 1ère fois depuis que j’ai quitté mes très chers, une raison de plus pour penser à eux.

L’éclat d’obus ne pourra être extrait que le 12 octobre. Henri restera à l’hôpital 17 de Romorantin jusqu’au 18 décembre date à laquelle il est envoyé en convalescence jusqu’au 13 janvier 1915. Reconnu à nouveau bon pour le service, il retourne au front et sera tué au combat le 19 juillet de la même année.