Une pensée pour le caporal-chef Hervé Guimaud

C’est au moment d’écrire l’article précédent que j’ai appris la mort au combat du caporal Hervé Guinaud. Il appartenait au Régiment d’Infanterie Chars de Marine, digne descendant du Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc.

Le caporal Hervé Guinaud a été tué ce samedi 8 janvier 2011 en Afghanistan. Il était âgé de 42 ans et père d’un enfant.

Mes pensées vont à sa famille et à ses compagnons d’armes

(Lien vers l’article du ministère de la défense et la biographie de ce soldat : CLIC )

 

Célébration de l’entente Franco-Britannique à Maricourt (Somme)

Nous sommes le 1er juillet 1916, il est 7h30 du matin et la grande offensive a commencé sur le front de la Somme.

A Maricourt, point de jonction entre les troupes britanniques et françaises, le 3e bataillon du 153e Régiment d’Infanterie, avec à sa tête le commandant Lepetit, est chargé de se porter à l’assaut de l’ouvrage 155-163 au Nord-Est du bois de Favière. Il est en liaison, sur sa droite avec le 146e, et sur sa gauche avec les britanniques du 17th King’s Liverpool sous le commandement du Lieutenant Colonel Brian Fairfax.

Comme pour sceller mieux encore l’entente franco-britannique, c’est côte à côte que les deux hommes traverseront le No Man’s Land.

Le 3e bataillon atteindra son objectif dès 7h48 et ceci, selon le JMO de la 39e Division, sans subir de pertes. La bravoure dont fit preuve ce bataillon lui vaudra cette citation à l’Ordre de l’Armée :

Après avoir eu à deux reprises sa parallèle de départ nivelée par le tir de l’artillerie lourde ennemie, est partie à l’attaque dans un élan superbe malgré les tirs de barrage extrêmement violents. Conduit par son chef, le commandant Lepetit, ce bataillon, marchant comme à la manoeuvre, a enlevé le 1er juillet 1916, cinq lignes de tranchées ennemies sur une profondeur de huit cent mètres, faisant des prisonniers et s’emparant d’un nombreux matériel. A fait preuve, le 8 juillet, de la même bravoure, en atteignant ses objectifs, dans un minimum de temps, malgré deux contre-attaques ennemies.

En souvenir de ce jour la Somme Remembrance Association, en collaboration avec Monsieur Guillemont, maire de la commune, a mené à bien le projet « Maricourt ». Le panneau d’information commémorant l’attaque et l’entente franco-britannique a été inauguré le 7 novembre dernier en présence de Monsieur Bassaget sous-préfet de la Somme.

Deux groupes de reconstitution, l’un britannique, l’autre français (conduit par notre ami Sylvain)ont également participé à cette inauguration.

A la suite de celle-ci le public a été convié à partager le verre de l’amitié et à admirer l’exposition fruit du travail de mémoire des enfants de l’école de Maricourt.

Outre le petit reportage photo qui suit, vous pourrez découvrir d’autres photos de l’événement sur le site de la Somme Remembrance Association (et visionner le reportage de France 3).

Hommage a d’abord été rendu aux soldats britanniques inhumés à Maricourt dans le
« Peronne Road Cemetery »(*)

Le représentant de la Royal British Legion

Les représentants de l’association « 14-18 en Somme »

Hommage a ensuite été rendu aux soldats morts pour la France de la commune de Maricourt

Symboliquement le drapeau français et l' »Union Jack »
se sont élevés de concert dans le ciel de Maricourt

Monsieur Philippe Drouin, président de la Somme Remembrance Association

Monsieur Guillemont maire de Maricourt

Monsieur le sous-préfet Basseget et Monsieur le maire découvrent ensemble le panneau

Ce panneau rappellera aux visiteurs des sites de mémoire l’histoire qui a uni le Lieutenant Colonel Brian Fairfax et le commandant Lepetit ainsi que les actes de bravoures qui ont valu au 3e bataillon du 153e sa citation à l’Ordre de l’Armée française.

Création de notre association « Mémoire du Centenaire 14-18 en Picardie »

L’idée de créer une association était dans l’air depuis longtemps et c’est ce 30 octobre 2010 qu’elle s’est concrétisée par la publication de sa création au Journal Officiel.

Dédiée à la mémoire du caporal Henri Autin, tué au combat dans la Somme le 19 juillet 1915, et à celle de ses compagnons du 403e Régiment d’Infanterie, cette association a été créée par un petit groupe de passionnés réunis autour de Daniel Autin, petit-fils de ce caporal.

Parmi ses buts :

– étude du parcours des différentes armées durant cette période, plus particulièrement celui des régiments français qui se sont battus dans le secteur de la Somme en 1914 -1915.

– préserver la mémoire des soldats français qui se sont battus durant ces années sur le front qui s’étendait de La Boisselle à Montauban-de-Picardie en passant par Fricourt-Mametz-Carnoy-Maricourt et leur rendre la place qu’ils méritent au sein de l’Histoire.

– protéger et veiller à ce que tout corps de soldat mort durant le conflit trouve une sépulture digne.

– contribuer à la sauvegarde et l’entretien des sites et des chemins de mémoire.

– développer l?amitié et les échanges avec les pays qui ont été impliqués dans ce conflit.

Dans le but de mieux faire connaître le front mentionné ci-dessus, l’association a créé des circuits de mémoire. Désireuse de les rendre accessibles à tous, elle entend collaborer avec les associations handicap qui aimeraient les faire découvrir à ses membres.

Pourquoi l’appellation « Mémoire du centenaire » ?

A la veille de la célébration du centenaire de la Grande Guerre il nous a paru important de nous projeter dans « l’après centenaire ». Car quand le souvenir des commémorations s’estompera, qui se souviendra ?

Qui se souviendra que l’histoire des combats de la Somme ne débute pas avec la grande offensive de juillet 1916 et qu’avant l’arrivée de leurs amis britanniques en août 1915, les soldats français s’y battaient déjà ! Seulement on y mourrait dans des circonstances que l’on qualifierait aujourd’hui de tellement peu « médiatiques » !

Qui se souviendra de ces soldats bretons dont on sait qu’ils reposent toujours dans le sol de La Boisselle ? Ils attendront sans doute encore qu’on vienne les libérer de leur gangue de terre pour leur offrir une sépulture décente.

Qui s’inquiètera qu’à l’occasion de tel ou tel chantier il arrive qu’on néglige les corps des soldats retrouvés ?

C’est à partir de ces réflexions que l’idée de cette appellation nous est venue afin, qu’à notre humble niveau, la mémoire soit entretenue longtemps après le centenaire.

Lien vers le site de l’association : Mémoire du Centenaire 14-18 en Picardie