Charles Binet, un brave parmi les braves…(2)

Deux photos de Charles à l’époque de son incorporation

Ici debout à gauche

Au Tréport

Comme tous les soldats, Charles tenait un petit journal de campagne.

En préliminaire il avait prit soin d’y ajouter quelques précieux détails (il note l’endroit où il l’a acheté et la date). On sait qu’à cette date son régiment était alors dans la Somme.

Il indique scrupuleusement ses noms, adresse, noms de ses frères et soeur, ceux de ses parents, le métier de ces derniers. Tout cela n’est pas anodin et pouvait se révéler très utiles au cas où…

Et tous ces détails sur les siens, était-ce aussi une façon de les garder auprès de lui ?

(NDA :Mais ceci n’engage que moi !)
Plus loin il notera :

Charles Binet, un brave parmi les braves…(1)

Né en 1896, incorporé au 28e RI en avril 1915 à l’âge de 19 ans à peine, Charles Binet a connu deux guerres au cours desquelles il est s’est particulièrement illustré.

Son courage lui a valu d’être décoré de la Légion d’honneur comme en témoigne cet article :

Pour ses actions il fut aussi nommé à l’ordre du régiment…

« Le 26 avril ayant eu son caporal tué, a prit le commandement de son escouade ; n’a cessé par son attitude d’être le plus bel exemple pour les jeunes soldats. »

…et de la division.

« Sous-officier d’un courage remarquable. Attitude superbe au feu. Le 12 septembre à conduit sa demi-section à l’attaque avec une belle crânerie ; isolés du gros de sa troupe a engagé le combat entre un groupe ennemi et l’a contenu. Blessé grièvement au cours de l’action »

La dépouille du capitaine Page est retrouvée

Au matin du 25 juillet, les Allemands font sauter une nouvelle mine vers la lèvre Nord de l’entonnoir dit « du 20 juin ». Leur artillerie effectue un tir de barrage auquel répond l’artillerie française et nouvelle riposte allemande. Au soir les Allemands feront encore exploser un camouflet devant le D français.

Selon le JMO c’est au bouleversement des terres, provoqué par de la mine du matin, qu’on doit d’avoir pu récupérer le corps du capitaine Page. En effet sous l’effet de ce bouleversement son corps fut ramené près des lignes françaises.

Dans la soirée le brancardier Strauss du 2e bataillon et quelques volontaires se glissent dans le no man’s land pour le récupérer. Mais cette nouvelle action de courage coûtera la vie à l’un des soldats et deux autres seront blessés.

Le capitaine sera inhumé le lendemain dans le petit cimetière du centre de résistance 71-110 (*) en présence d’une délégation d’officiers, sous-officiers et de soldats du régiment.

Le capitaine Page repose à présent dans la nécropole de Bray-sur-Somme.

(*) Il s’agit du « New Point 110 cemetery » où seules reposent aujourd’hui les dépouilles des soldats britanniques. Ce cimetière a été érigé par le 403e en mai 1915. Les dépouilles des Français ont transférées vers 1920 dans d’autres nécropoles dont celles de Bray-sur-Somme et Albert