Les grands oubliés : Justin Tuveri

Ce Français d’origine italienne, combattant de la Grande Guerre faisait partie des grands oubliés parmi les survivants de 14-18. Il s’est éteint, à l’âge de 109 ans, le 5 octobre dernier à Saint-Tropez sans même avoir droit aux honneurs.

Quelques-uns cependant parmi les « passeurs de mémoire » ne l’avaient, eux, pas oublié. Ainsi l’auteur de l’excellent site Der des Ders dont le but est de préserver la mémoire des soldats anonymes de la guerre 14-18.

Je vous invite à visiter ici la page qu’il a consacré à sa rencontre avec Justin Tuveri

Carré belge de Mont-sur-Marchienne


Plusieurs soldats de Mont-sur-Marchienne sont inhumés aux côtés de leurs camarades français du 119e RI
Gustave MARTY
Sergent à la 4e? Cie de Chasseurs à Pied
Tué le 31/10/1918 à l’âge de 23 ans

François BORGNET
Sergent au 6e de Ligne
Tué le 21/11/1918(*)

Paul GARNIER
Soldat Clairon au 4e Chasseur à Pied
Tombé à Lost Nieuvkerke le 01/10/1918 à l’âge de 27 ans

Ghislain CORNIL
4e Régiment de Chasseur à Pied
Tombé à Oost-Nieuwkerke le 03/10/1918 à l’âge de 25 ans

Léon HELSON
Soldat au 1er Régiment de Ligne
Tombé à Beyghem (Brabant)le 25/08/1914 à l’âge de 24 ans


(*) Renseignements complémentaires recueillis sur la base de données du registre des MplB du musée de « In Flanders Fields »


 

72h avec les soldats dans les tranchées

Entre le 18 et le 29 mai tout est calme dans le secteur du 403 puisqu’à ces dates on note dans les pages du JMO « journées calmes – rien à signaler ».

Au sein de l’Etat-Major on en profite pour faire procéder à plusieurs nominations.

Tout est calme donc mais la vie n’en est pas pour autant devenue subitement agréable dans les tranchées de 1ère ligne sur lesquelles règne toujours le danger des tireurs embusqués et où la pluie a fait son apparition.

Dans celle où notre caporal monte la garde, l’eau qui tombe en masse fait s’ébouler à demi la tranchée. Les hommes ont de l’eau jusqu’à mi-jambes. Le « jus », préparé à 1500 m à l’arrière et sensé les réchauffer, leur arrive froid. Les ravitailleurs comme les hommes en poste ont un mal fou à marcher dans l’eau et la boue des boyaux.

En première ligne ils doivent bien sûr rester équipés et pendant les poses de garde, trempés jusqu’aux os, les hommes s’allongent comme ils peuvent, à même le sol. Pour certains chanceux, sur des sacs à provisions.

Et en ce 18 mai quand ils reprennent la garde après quelques heures de repos, les Allemands les accueillent à coup de grenade. Grosse émotion au sein de l’escouade du caporal Autin mais heureusement personne n’est atteint.

C’est par le JMO de la 301e Brigade, dont dépend le régiment, qu’on en apprend que la 6e Cie ne s’est pas contentée de « faire le gros dos » face à cet accueil :

[…]Au cours de la journée du 18 il y a également à mentionner une lutte à coups de grenades dans la zone E de 12h30 à 13h. La 6e Cie qui occupe la zone E prend un avantage marqué et impose le silence aux Allemands.

Quand, plus tard au cours de la journée, la pluie semble se calmer ; comme l’écrit notre caporal, les soldats sont soulagés :

La pluie a une tendance à cesser ; nous en serions bien aise, car nous avons l’impression qu’il ne serait pas possible de se battre dans l’état que nous sommes.

Dans le secteur de la 6e Cie, quelques échanges de coups de fusil ponctuent la matinée du 19 mai. Après une nuit calme les hommes de garde regagnent les abris pour 24h de repos mais ils sont bientôt réveillés par une décharge de grenades, saucissons et crapouillots expédiée par les troupes ennemies. Les 75 entre en jeu pour les calmer, ce qu’il font aussitôt !

Le soleil fera enfin son apparition dans journée du 20 et ce jour dans son carnet notre caporal note :

Midi nous prenons notre poste d’observation, il fait très calme à part un coup de fusil qui part au plus tous les quart d’heure, c’est le silence le plus absolu. A l’heure où j’écris ce passage, je suis à mon poste assis en face d’un soleil luisant. Que cela est bon, après la semaine pluvieuse que je viens de traverser, je me sens enfin revivre et quand je pense que demain nous serons au repos, pour 7 jours, je me réjouis encore d’avantage.

Dans les tranchées il y a la pluie, la boue mais aussi l’odeur des cadavres qu’on n’arrive même plus inhumer. Dans certains secteurs ils sont là depuis le mois de décembre.

[…] avant de partir, je brûle du désir de visiter le terrain qui se trouve entre la 1ère et la seconde de nos lignes. Une odeur nauséabonde nous vient de là, j’ai l’impression qu’il y a un cadavre. Si je le trouve, je le ramènerai.

Dans la nuit du 20 mai au 21 mai ce sera enfin la relève. Ils partiront pour Morlancourt, à 12km de là.