Erches (Somme)


Emouvante carte écrite depuis les tranchées en février 1915 et sur laquelle le soldat a collé quelques fleurs

Dimanche le 28 fevrie 1915

Chere fame et Chere Marie

Je te dire que je sui toujour en bone sante et je désire que vous en soye de meme je profite dun maumant que je sui de garde pour vous raconte ma misere sat comanse a etre bien lon sent pouvoir vous voire sat comanse a …….peur qun de ses jour on nous fasse un asot nous avons de ……qui vient avec nous et nous some en premier ligne nous serons aublije de marche comme les jeunes nous avons encore 5 jour afaire avant que nous soyons releve. Chere fame sat ….un sale temps pour le maumant sat gele et la plui je te dire que je vaudre bien etre aupre de toie pour pouvoire vous raconte les misere qui regne pour le maument enfin pren du courage quan amoie je faie tou mon posible tu embrasera bien la mari pour Moi. Je fini en tenbrasant bien for ton home qui…….

Jete di Adieu

Toinou

Dans le haut de la carte le soldat a ajouté :

tu verat come le cloche et bien coupe


Petit rappel en ce qui concerne la retranscription des cartes:

Par respect pour ceux qui les ont écrites il n’est jamais procédé, ni à une correction orthographique, ni à une interprétation quelconque du texte et les parties illisibles sont remplacées par des pointillés.

Enfin il faut savoir pour en écrire le plus possible sur la petite surface qu’offraient les cartes, le texte était le plus souvent écrit en continu et les soldats ne se préoccupaient pas toujours de la ponctuation.


 

Maucourt (Somme)

Dans la nécropole française de Maucourt, inhumés auprès des soldats de 14-18, l’équipage d’un avion de la Royal Air Force appartenant à la 51ème escadrille abattu dans la région le 17 avril 1943.

Pilot Officer – Frank Malcom THOMPSON – 34 ans
Air Gunner
Royal Air Force

Pilot Officer – William, Robert Mc BRIAR – 23 ans
Flight Engineer
Royal Air Force

Flying Officer – Thomas, Collis ROBINSON – 33 ans
Wireless Operator/Air Gunner
Royal Air Force

Pilot Officer – Ronald Henry STEWART – 21 ans
Pilot
Royal Canadian Air Force

Sergeant – Donald, Harold REID
Air Gunner
Royal Air Force

Flight Sergeant – Dennis AXTELL – DFM (*) – 22ans
Wireless Operator/Air Gunner
Royal Air Force

(*) Distinguished Flying Medal

Les mines, l’artillerie et les tireurs embusqués

Dans le JMO à la date du 15 mai, on peut lire :

Le Génie fait exploser une mine qui produit un entonnoir de 15 à 20 mètres de diamètres en avant du D Français. Les Allemands se sont contentés de riposter par un bombardement de 155 sur nos tranchées

Mais il ne relate pas la mort de ces hommes qui tombent presque anonymes sous le feu du tireur embusqué. Le souvenir de celle-ci a seulement été gravée au crayon mine dans le carnet de leurs proches compagnons.

Depuis la veille la 6e Cie a prit position dans les tranchées qui font face au lieu-dit « petit bois français » un endroit que, par ailleurs, le caporal Autin nous décrit comme très dangereux. À l’aube du 15 mai ce sont deux de ses hommes, ainsi qu’un soldat d’une autre section, qui tombent sous les balles d’un tireur embusqué…

(Les extraits qui suivent viennent du carnet de campagne du caporal Henri Autin)

Nous sommes dans des tranchées à moitié démolies par les mines et bombes de toutes sortes, qu’il va nous falloir reconsolider tout en surveillant qui est à 15 mètres, 5h35 du matin, 2 hommes de mon escouade -Lefèbre cl 14 et Nigaize cl 15 tombent tous deux mortellement frappés d’une balle en pleine tête, un autre mort également faisait partie de la 3ème section.

Le lendemain 16 mai, tandis que le JMO relate deux nouvelles explosions, l’une côté allemand, l’autre côté français. Mais pour les camarades des deux soldats tués la veille, l’important est, avant de procéder à leur inhumation, de leur trouver un cercueil à chacun. En effet d’après ce que j’ai pu lire il semble que les soldats étaient souvent inhumés à même la terre, parfois dans une toile.

En tout cas ce fait semble assez important pour que le soldat en fasse mention dans son carnet…

Le matin 6h ½ enterrement de mes deux petits camarades, on leur a donné à chacun un cercueil […]

…alors même qu’il se trouve dans des tranchées à moitié éboulées, qu’il faut consolider, et qui sont à moins de 15 m des lignes allemandes. Dans ces conditions on imagine combien le fait d’inhumer dignement leurs compagnons était important pour ces soldats.

Le lendemain 17 mai, c’est un soldat de la 1ère section qui tombe sous la balle de ceux qu’on nomme aujourd’hui « sniper ». Ce qui fait dire à notre soldat :

Matin 1 mort à la première section, toujours d’une balle dans la tête ; vraiment c’est à croire que l’on ne peut tomber que de cette façon !