Secteur Cernay : entre coups de main et bombardements

Devant Reims, le 403e a donc reprit ses positions dans le sous-secteur de Cernay et la butte de tir. L’historique du régiment nous apprend qu’il retrouve ce secteur« bouleversé par le gel et beaucoup plus agité que pendant son premier séjour ».

17 mars 1917

Trois groupes ennemis, composés chacun d’une vingtaine d’hommes, opèrent un coup de main sur des postes d’écoute du sous-secteur de Cernay. Ce sont les postes 7, 8 et 9 qui sont visés.

Ces groupes ont réussi à s’approcher par surprise et deux d’entre-eux parviennent à faire sauter les portes des postes 7 et 8 avec des tringles à chevilles. Ces explosions ont donné le signal à l’artillerie allemandes pour déclencher un « tir d’encagement » sur les positions attaquées ainsi qu’un violent bombardement sur tous les boyaux d’accès.

Les réseaux de défense installés devant le petit poste 8 sont démolis au point qu’ils permettent à l’ennemi de parvenir jusqu’à la 1ère ligne sur laquelle les hommes de ce poste s’étaient instantanément repliés. Mais la contre-attaque ne se fait pas attendre et elle est énergiquement menée par une escouade de grenadiers qui repoussent l’ennemi hors des lignes françaises.

Malgré l’intensité du bombardement et durant la contre-attaque, le JMO ne fait mention d’aucune perte dans les rangs du régiment. Alors que selon l’historique du régiment, un caporal de la 10e cie aurait disparu durant ce combat.

18 – 25 mars

Concernant ces journées, le rapport du JMO est succinct. Il mentionne bien une nouvelle activité de l’artillerie allemande (en particulier sur le sous-secteur de Cernay) et le fait qu’on étudie la possibilité d’un coup de main sur un poste d’écoute allemand. A cette fin, une vingtaine d’hommes de la 11e cie, placée sous les ordres du capitaine-adjudant-major Beaupuis, est spécialement entraîné.

Par contre, c’est à nouveau par l’historique du régiment qu’on apprend la mort, le 18 mars du Lt Langlois. Celui-ci a été tué par l’explosion d’un obus et le commandant Venel, ainsi que le Lt Chapelain ont été blessés. L’historique va même jusqu’à précisé le lieu où a exploser cet obus : rue du Barbâtre à Reims.

25 mars

Le coup de main pour lequel les hommes du capitaine Beaupuis se sont entraînés est exécuté à minuit. Le groupe fait exploser le réseau de barbelés qui défend le poste visé dans lequel il se précipite aussitôt mais qui s’avère inoccupé. Cette explosion est provoquée par une tringle à chiddite donne, comme ce fut le cas pour les Allemands lors du coup de main du 17, le signal à l’artillerie française pour un tir d’encagement.

Des grenadiers parviennent jusqu’à la 1ère ligne allemande de laquelle ils espéraient ramener des prisonniers. Deux groupes se portent vers les postes d’écoutes visés mais qu’ils trouvent également inoccupés.

Le capitaine Beaupuis donne le signal du repli sous un tir de barrage de l’artillerie allemande et sous les nombreux coups de fusil de la 1ère ligne. En dépit de la brillante exécution de ce coup de main, les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes.En effet, alors que c’était le but, aucun prisonniers n’a pu être ramené dans nos lignes.

Au cours de ce coup de main, il aurait eu aucune perte dans les rangs du 403e.

26 mars – 2 avril

L’artillerie allemande poursuit ses bombardements sur tout le secteur.

Il est également question d’un changement de secteur c’est pourquoi les officiers du 3e bataillon vont en reconnaissance dans les sous-secteurs de la voie ferrée de Laon et ceux du 1er bataillon dans le sous-secteur de Betheny.

Robert, Louis, DADAT

Né à Paris en 189, venu du 154e R.I, ce soldat servait au 410e R.I quand il a disparu aux combats de Ville-sur-Tourbe (Marne) le 25 septembre 1915. Il venait tout juste d’avoir 20 ans. Et pour son courage lors du coup de main du 19 juillet 1915 sur la cote 110 à Fricourt (Somme) il avait été cité à l’ordre de la Division en ces termes :

« Agent de liaison lors du bombardement du 19, a transmis sous un feu violent qui avait détruit les communications téléphoniques, les ordres de l’arrière aux factions restées en 1ère ligne se sont acquittés de leur mission avec intelligence et sang-froid l’affaire du Bois français. »

A noter qu’il s’agit, pour partie, d’une citation collective ce qui explique le pluriel employé à la fin de celle-ci.

L’autre soldat cité est ANEAU Georges, Lucien également du 410e.

Edouard, Victor, Alfred DEQUESNE

Né à Halluin (Nord) en 1893, ce caporal-fourrier a été tué le 2 août 1916 à Charny (Meuse). Son courage et son dévouement l’avait fait cité à l’ordre de la Division en avril 1916 en ces termes :

« Venu au front sur sa demande n’a cessé de donner le meilleur exemple de bravoure et de dévouement : le 19 juillet 1915 après s’être porté courageusement sur la seconde tranchée allemande sous un feu meurtrier est retourné volontairement la nuit suivante chercher le corps du capitaine resté sur le terrain ; s’est à nouveau distingué le 25 septembre 1915 par son entrain dans l’assaut et pendant la période du 28 mai au 15 juin 1916 en assurant sous un feu violent le service de liaison. Tombé à son poste de combat le 2 août 1916. »

Il a été décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent.