Un documentaire pour ne pas oublier : « Si je reviens un jour »

Louise Pikovsky était élève au lycée Jean de la Fontaine à Paris. Arrêtée avec sa famille, elle a été d’abord internée au camp de Drancy. Transférée ensuite vers les camps de la mort, sa jeune vie, ainsi que celle des siens, a pris fin à Auschwitz en hiver 1944. Elle avait 16 ans.

C’est en 2010 que les lettres échangées avec l’un de ses professeurs, ainsi que des photos, sont sorties de l’ombre lors d’un déménagement dans l’enceinte du lycée où elle avait étudié.

Emue par cette découverte Madame Khalida Hatchy, professeur dans l’établissement, a tenu à retracer le parcours de cette jeune lycéenne aidée en cela par la journaliste Stéphanie Trouillard. Leur collaboration a donné naissance cet émouvant documentaire :

« Si je reviens un jour »

Ne jamais oublier !

Dans les pas de mon père, déporté.

Grâce à l’intervention de la nièce de Jan van Boeckel, ami et compagnon de détention de mon père dans les camps nazis, un voile s’est levé sur une période dont ce dernier parlait peu, voire jamais.

Par les archives bavaroises – dont je salue la rapidité de la réponse à la demande de renseignements –  je sais maintenant qu’avant son transfert au pénitencier d’Ebrach il a connu celui de St Georgen-Bayreuth. Et je peux enfin retracer les grandes lignes de son parcours de déporté.

Son parcours

  • Suite à une dénonciation, il est arrêté à son domicile de Beauraing
  • Transféré dans un premier temps à la prison de Namur (date inconnue)
  • Transféré ensuite à la prison de St Gilles à Bruxelles (date inconnue)
  • Le 21 juillet 1944, il est transféré en Allemagne -dans un convoi de 34 prisonniers- il séjourne au pénitencier de St Georgen-Bayreuth (date d’arrivée inconnue)
  • De Bayreuth il est transféré au pénitencier de Ebrach (sous le numéro NN 311/44U) où il arrive le 17 août 1944.
  • Ensuite au camp de concentration de Flossenbürg le 21 janvier1945
  • Transféré à Saal-an-der-Donau (annexe du camp de Flossenbürg)
  • Evacuation du camp de Saal vers le camp de concentration de Dachau où il arrive le 24 avril 1945
  • Libération du camp de Dachau le 29 avril 1945
  • Il est rapatrié en Belgique aux environs du 10 mai 1945

Durant ce long calvaire, il a été condamné à mort par décapitation (peut-être  à Ebrach) et en tant que NN (Nacht und Nebel) il était, comme tous les NN,  appelé à disparaître sans laisser de traces.

Pourquoi le silence ? 

Etant née 3 ans après la guerre, je n’ai pas pouvoir de réponse. Je sais seulement que dans l’euphorie de la libération les trains ont déversés, revenant d’Allemagne, des flots de soldats libérés après plusieurs années passées dans les Stalags….

Le retour des fantômes…

….Et d’autres trains sont descendus des fantômes squelettiques dont beaucoup sont morts au moment où ils mettaient le pied sur la terre natale. Mais leur pays, encore tout à la joie de la libération, les récits des horreurs auxquelles ces fantômes ont été confrontés, les humiliations qu’ils avaient subies, ce pays n’était près à les entendre. Alors les fantômes se sont tus et ce n’est qu’au crépuscule de leur vie que certains ont trouvé le courage de parler afin de partager leur terrible expérience ; pour que nul n’oublie.


Témoignages: sur le site « Enseigner la Mémoire » vous trouverez deux témoignages de déportés français sur les raisons de leur silence. Mis à part le contexte des élections d’après-guerre en France, ce silence dont ils témoignent concerne tous les survivants des camps  (clic)

(source CRDP de Champagne Ardennes


 

Sommepy-Tahure

Dans la Marne, à l’Est de Sommepy-Tahure se dresse le monument en hommage aux hommes des 170e et 174e Régiment d’Infanterie d’Epinal.
 
Comme le rappelle la plaque commémorative, ces régiments ont enlevé ici les positions fortifiées de l’ennemi pour progresser jusqu’à Vouziers. 
 
A gauche une croix rappelle qu’ici  le Lt Colonel Benoît, Charles CHARLET
a été mortellement frappé par une balle alors qu’il menait l’assaut à la tête de ses hommes. 
 
  Derrière le monument on peut encore voir les restes du blockhaus allemand enlevé
par les 170e et 174e après plusieurs heures de lutte et qui leur infligea de lourdes pertes.
 Face au blockhaus une tombe commémorant l’endroit où a été tué , le 28 septembre 1918, le 2e classe Georges ESTIVAL
(A.S. 333 du 504e Régiment de Chars de Combat) 
Il est inhumé en la nécropole nationale « Somme-Suippe » tb 1110. 
 
Situation : Sur la D 20 (direction Sommepy-Tahure vers Aure )